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Elle a conquis le titre de Meilleur Ouvrier de France en catégorie coiffure en 2015 et gravit depuis les échelons mondiaux de sa discipline. Entre deux avions, la coiffeuse de Pont-à-Mousson reste fidèle au salon qu’elle a créé il y a plus de vingt ans et aimerait lancer sa franchise.

On les reconnait à leur col décoré du liseré bleu-blanc-rouge même si l’on n’a plus l’habitude de les voir en cuisine. Le titre de Meilleur Ouvrier de France (MOF) est une des récompenses les plus convoitées et a ceci d’exceptionnel qu’il balaye toutes les disciplines de l’artisanat, y compris la coiffure. « Je suis attachée au terme d’artisanat, précise Alima Baz, car pour moi la coiffure est avant tout une histoire de formation, de transmission. C’est de l’art certes, mais surtout des milliers d’heures de travail. Celles qui m’ont permis de décrocher ce titre il y a quatre ans. »

Si Alima Baz plane aujourd’hui sur les sommets de sa discipline, elle aime avant tout garder les pieds sur terre. Si elle passe de plus en plus de temps dans les avions pour assurer sa mission d’ambassadrice d’une grande marque de cosmétiques capillaires, elle aime poser ses valises à Pont-à-Mousson pour diriger le salon Alyso, qui a accroché sur le rideau de sa devanture les couleurs bleu-blanc-rouge. « Quand on avance un titre de MOF, on s’expose aussi à une très grande exigence de la part des nos clients et clientes. C’est un vrai argument d’appel pour une clientèle qui elle aussi a changé et vient de plus loin. »

Avant de jouer dans l’élite de sa profession, Alima a commencé par un petit boulot d’été dans un salon de coiffure. Au départ, quelques coups de balais pour rendre service puis un apprentissage dans sa ville natale de Pont-à-Mousson. L’envie de créer et de se surpasser lui permet de mettre sur les rails rapidement son propre salon avec une amie, Sophie Laurent. Mais c’est en observant un jour le col bleu-blanc-rouge d’un charcutier qu’elle se renseigne et découvre qu’il existe un concours de MOF en coiffure. « J’étais comme une gosse, en admiration devant l’excellence que représente ce col. Être MOF c’était le Graal pour moi et c’est le seul concours que j’envisageais.

À l’âge de 40 ans, elle se lance dans le pari fou de partir à la conquête de cet examen parmi les plus exigeants. « On a bien tenté de me dissuader mais quand je veux quelque chose… Et si c’est inaccessible, ça me booste encore plus ! Le thème imposé : « architecte du futur » titille sa créativité. Elle s’inspire du Centre Pompidou-Metz pour créer la coiffure qui lui fera décrocher le titre dès sa première présentation. « Ce titre m’a permis de pousser des portes que je n’aurais jamais imaginé pousser. J’avais peut-être quelque chose à prouver. Je suis la quatrième de huit enfants et mes parents me voyaient plutôt avocate ou médecin. Aujourd’hui je coiffe dans des endroits magiques comme le festival de Cannes, Miami, New York, Ibiza ou Barcelone. Je pars bientôt au Japon. Avec moi il faut que ça bouge et mon salon me stabilise. »

Coiffeuse d’élite, Alima Baz ne se voit pas comme une artiste inaccessible. Ses tarifs restent raisonnables et elle mise plus sur le développement de son activité. « J’aimerais trouver des investisseurs pour créer une franchise puis me consacrer de plus en plus à la formation, à la transmission de mon savoir. » À coté d’elle, dans le salon de Pont-à-Mousson, s’affaire discrètement Anne, récemment auréolée du titre de Meilleure Apprentie de France, le coup de ciseau assuré et l’envie certaine de marcher dans les pas de sa patronne…

INFOS PRATIQUES : 

Alyso, 10 Place Thiers, 54700 Pont-à-Mousson