On peut être patron de 730 salariés et cultiver la discrétion et la bienveillance. Le nancéien Benoît Michaux, PDG du Groupe Mentor, continue de développer son groupe qui fête cette année ses 20 ans. De l’immobilier à l’informatique, du BTP aux nouvelles technologies : quand un projet est bon, il est toujours partant.

Ses bureaux ne ressemblent pas à des bureaux traditionnels. Les locaux du Groupe Mentor, perchés sur les hauteurs de Dommartemont, occupent une vaste villa moderne. Ambiance start-up californienne et bien-être des salariés revendiqués par le patron des lieux qui ne reçoit pas dans son bureau. Car il n’a pas son bureau propre : « Je n’aime pas la vision du dirigeant dans son gros fauteuil à l’écart du reste de l’entreprise. J’aime être au milieu des gens avec qui je travaille. »

Il faut aller chercher dans le parcours de Benoît Michaux cet attachement aux valeurs simples et authentiques. Originaire de Ligny-en-Barrois dans la Meuse, c’est avec un BEP de géomètre qu’il commence sa carrière. « L’école, ça n’était pas vraiment mon truc, j’étais plutôt rêveur et j’ai enchaîné plusieurs jobs avant de postuler chez Essilor, au bluff, à 24 ans et sans avoir les diplômes requis. J’ai réussi les tests, travaillé 4 ans comme commercial puis, à nouveau, j’ai bifurqué et changé de secteur d’activité. »

« Donner du sens aux projets »

Sa seule certitude alors : travailler dans le commerce quel que soit le domaine, tant qu’il « touche directement les gens ». Il choisira l’immobilier, d’abord comme franchisé puis en créant vite sa première affaire en 1990 : l’agence immobilière Logia à Nancy. Le réseau grandit rapidement, Benoît Michaux ouvre plusieurs agences. Ce sera ensuite la création de Pyramide, pour l’immobilier haut de gamme, avant de se diversifier en proposant du financement immobilier et du regroupement de crédits à travers Partners Finances, devenue depuis une société à l’international.

C’est en 1998 que le groupe Mentor est créé pour regrouper toutes les activités : « Il s’agissait de donner du corps, du sens et une perspective à ces nombreuses activités, explique Benoît Michaux. Si le nom peut paraître un peu prétentieux, j’y tenais beaucoup et assume mon rôle de guide ou de maître à penser du groupe. »

Et il semblerait que le guide ait trouvé les bons chemins. Et la recette, expliquée, paraît simple : « À partir du moment où je crois en la personne qui me propose un projet, je suis capable de le suivre. À moi de fournir le carburant, de partager mon expertise et mes choix stratégiques pour soutenir les boîtes en création. » Cette ouverture vers les nouvelles idées conduisent Benoît Michaux à participer à des projets aussi divers que les services médicaux à domicile, les nouvelles technologies ou les distributeurs automatiques de baguettes et pizzas. « J’essaie toujours d’être en avance sur une société qui bouge très vite. Pour ça je fais appel souvent à des jeunes. L’idée c’est d’être un accélérateur de talents. Mais derrière la technologie ou les machines, je n’oublie jamais que le client final est une personne, un particulier. J’aime donner du sens à ce que j’entreprends. Encore plus aujourd’hui qu’au début de ma carrière. »

Le prochain grand projet de Benoît Michaux le ramène à sa passion d’enfance pour les abeilles autour des ruches de son père. L’idée peut paraître surprenante mais devient très sérieuse quand il évoque la création d’un fonds de dotation autour de l’apiculture. « L’objectif est de mobiliser le plus grand nombre pour trouver une solution pour défendre les abeilles, aujourd’hui menacées. »

Avec un rythme de développement soutenu, le groupe Mentor vise l’objectif des 1 000 salariés d’ici à la fin 2019.

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