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Spécialisée dans la valorisation des déchets verts grâce à un procédé innovant, la société basée à Vandœuvre poursuit son développement en créant un nouveau centre au Canada. Retour sur une réussite scientifique, économique… et écologique.

Mincir grâce aux restes du grand sapin de la place Stan. Étrange formulation mais réalité scientifique concrète qui a permis, à la sortie de l’hiver, à la société Biolie de se faire connaître du grand public. Valoriser les déchets végétaux, voilà le créneau de ce fleuron régional de la biotechnologie. Maïs, chicorée, salade, tout ce que l’industrie agroalimentaire ne veut plus connaît, grâce aux mains expertes de Biolie, une seconde vie dans le domaine de la cosmétique ou de la nutrition. C’est ainsi que les aiguilles des branches du sapin de la place Stan ont pu fournir le principe actif d’une crème amincissante.

C’est en 2009 que le brevet qui va lancer Biolie est déposé : une technique d’extraction enzymatique n’utilisant aucun solvant pour capter les molécules de différents végétaux mais aussi de micro-algues. Un procédé innovant mais surtout très propre. « Nous n’utilisons aucun solvant chimique, un minimum d’eau, explique Nicolas Attenot, directeur de Biolie. C’était pour nous l’impératif de départ : trouver un procédé avant tout respectueux de l’environnement. »

Dans les laboratoires de Biolie, peu de bruit, une propreté impressionnante et surtout,
aucun déchet. C’est le principe même de Biolie : tout est utilisé, du principe actif des végétaux aux fibres qui sont elles-aussi valorisées comme exfoliants et méthanisées quand il n’y a plus rien à en extraire : « Par exemple, 500 kilos d’aiguilles du sapin vosgien de la place Stan nous permettent de fabriquer 20 kilos du principe actif en poudre, que nous revendons ensuite aux industries qui l’intègrent dans le produit fini. En l’occurrence, dans le domaine des compléments alimentaires ». Lauréate de nombreux concours, la société lorraine a décroché plusieurs prix d’innovation.

Louis Dussault, directeur Général du CEE-UQAC, Nicolas Attenot, cofondateur et Président de BIOLIE, Gilles Dery, Président du CEE-UQAC et Guillaume Ricochon, cofondateur et Directeur Technique de BIOLIE

Les unités de transformation des végétaux de Biolie sont des structures assez légères, peu encombrantes et faciles à installer, au plus près des besoins. Et quand on pense « forêts », les regards se tournent bien sûr vers le Canada. Une destination sur laquelle lorgne Biolie depuis plusieurs années et qui devient aujourd’hui une réalité. « Nous venons de signer un accord de licence avec le Centre d’entreprenariat et d’essaimage de l’Université du Québec à Chicoutimi. Cela va permettre de créer un centre technique de transformation et de valorisation des bioproduits dans le nord-est du Canada. Pour diffuser notre

savoir-faire, nous avons reçu pour le soutien du Gouvernement canadien qui a injecté 4 millions de dollars dans le projet. Des collaborations scientifiques étroites sont en place depuis plus de deux ans et cet accord de licence nouvellement signé conforte ce partenariat en permettant à Biolie une facilité de production pour ses clients nord-américains », explique Nicolas Attenot. C’est la première fois que la technologie s’exporte hors du département de Meurthe-et-Moselle. Peupliers, érables ou petits fruits, comme la canneberge ou le bleuet, c’est un monde nouveau qui s’ouvre pour Biolie : « À terme, cela ouvre encore plus le champs de nos possibilités car nous avons accès à toutes les ressources de la forêt boréale, qui couvre 60% de la superficie du pays, avec des essences végétales jusqu’alors inexploitées pour les biotechnologies ».

Soucieux de traiter les matières premières au plus près de leur lieu de production, Biolie ambitionne maintenant de monter des structures de valorisation dans les Dom-Tom pour élargir encore plus sa gamme en s’appuyant sur la richesse de la biodiversité.