© DR

On se souvient des orages et des rues inondées au printemps, des longs jours de chaleur cet été, de l’automne estival marqué par des vendanges encore plus précoces… Pour savoir si un réel changement s’amorce et mieux comprendre les phénomènes climatiques, nous avons rencontré Florian Pasiecznik, prévisionniste pour le bureau d’expertise météorologique Agate météo et bénévole chez Météo Lor’ .

Florian Pasiecznik, pouvez-vous décrire à nos lecteurs les grandes tendances liées aux observations réalisées ces dernières décennies ?

Certes un réchauffement de 2°C à l’échelle globale est incontestable, mais cela n’engendre pas pour autant une évolution identique sur la planète. On peut très bien avoir une période froide dans une région du monde alors que la tendance est à la hausse. En France, ce sont les perturbations liées à la circulation des masses d’air dans l’atmosphère qui nous préoccupent car elles peuvent provoquer localement des événements climatiques, pas forcément plus nombreux, mais plus intenses et très localisés.Ce qui se profile dans le quart nord-est ce sont des conditions anticycloniques (synonymes de douceur et de beau temps) plus régulières qu’auparavant. Or selon le déplacement de l’anticyclone, des entrées d’air froid de Russie ou d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord peuvent donner lieu à des épisodes de gel ou de chaleur contrastés et à des phénomènes climatiques intenses, très localisés et soudains. C’est sur ce point que nous, prévisionnistes, travaillons afin de prévoir et alerter le plus tôt et le plus précisément possible.

LA FRANCE A CONNU LES NEUF PREMIERS MOIS DE L’ANNÉE LES PLUS CHAUDS DEPUIS 1900. (+1,2°C/normales) Source Météo France

Quels seront les impacts pour l’économie et l’agriculture ?

Depuis 10 ans, nous assistons à un développement du vignoble en lorraine qui traduit une évolution du climat plus favorable à la culture de la vigne. Pour le maraîchage, les conditions climatiques pourraient permettre une période de production plus longue bénéficiant d’un ensoleillement plus important. Toutefois, un climat plus doux et plus sec pourrait aussi avoir des impacts négatifs sur les cultures et la forêt comme la remontée d’insectes depuis le sud vers nos régions par exemple.

Pour les stations, l’enneigement pourrait être plus irrégulier, les périodes de gel liées à des précipitations devenant plus rares, surtout à faible altitude comme c’est le cas dans le massif vosgien.

Comment agir pour limiter le réchauffement et à quoi devenons-nous être attentifs en priorité ?

À mon sens, et au-delà de l’évolution du climat, chacun doit faire le maximum pour respecter l’environnement dans tous les aspects de la vie. Cela demande bien sûr de changer nos habitudes et d’avoir les bons réflexes pour participer à une gestion raisonnée des ressources naturelles.

Il nous faut également être beaucoup plus attentifs à la gestion des sols, tant en milieu urbain qu’en milieu rural et agricole, pour être prêts à faire face aux inondations et aux coulées de boues comme ce fut le cas au printemps en Lorraine et cet automne dans le Sud.