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 Loin d’être réservés aux membres d’un club fermé, les séjours à l’étranger sous l’égide du Rotary permettent chaque année à une trentaine de lycéens de la région de partir à la découverte d’un pays. Une solution moins coûteuse que les séjours linguistiques classiques.

Juliane a aujourd’hui 25 ans. Elle achève ses études à Sciences Po Paris. C’est en seconde qu’elle découvre au détour d’un couloir du lycée Poincaré à Nancy une affiche qui vante un programme d’échange culturel avec des lycéens à l’étranger. De retour à la maison, c’est sans trop y croire que sa famille se décide à faire postuler Juliane : « On pensait que c’était réservé aux membres du Rotary, vu que c’était proposé par ce club. Puis j’ai compris que je pouvais monter un dossier. Parmi toutes les destinations dans le monde, mon choix s’est porté sur Taïwan, dont je ne connaissais rien. À part le fameux Made in Taïwan sur les étiquettes. »

Sa motivation lui permettra d’être sélectionnée. Entre la seconde et la première elle s’envolera pour Taïwan, où elle passera son année scolaire dans un lycée local. Comme le veut la formule, elle sera accueillie par trois familles différentes, chez qui elle sera logée et nourrie, pour rendre le séjour encore plus enrichissant. « C’était une année exceptionnelle pour moi. J’étais un peu considérée comme une VIP dans ma classe, tout le monde était très attentionné. J’ai même été accueillie chez l’ambassadeur… En totale immersion, j’ai appris le mandarin. J’ai surtout vaincu ma timidité, me suis ouverte à d’autres cultures et changé mon regard sur mon propre pays à mon retour. » Elle avoue également que cette expérience hors du commun l’a aidée à intégrer Sciences Po.

Le projet de toute la famille

Ce programme, c’est celui du Youth Exchange. Il s’agit d’un échange qui permet à des lycéens de 15 à 19 ans d’aller passer un an à l’étranger dans une famille en étant scolarisés dans un lycée local. L’équivalent d’une formule d’échange proposée par des organismes linguistiques, sans le coût exorbitant qui en découle souvent. La famille d’accueil est choisie dans le réseau du Rotary club local, qui finance aussi une partie des frais, la famille du jeune accueilli n’ayant qu’à prendre en charge le voyage, les frais de passeport et d’assurance. Un vrai bon plan qui se mérite, car les lycéens doivent répondre à plusieurs critères : « Ce n’est sûrement pas le critère financier, ni celui de faire partie d’un club Rotary, explique Chantal Henry, en charge du programme en Lorraine et Haute-Marne. Le principal, c’est la motivation de l’élève, sa volonté de s’ouvrir sur le monde, le fait d’avoir un vrai projet. Une fois sur place, le but n’est pas de faire du tourisme. L’école et l’intégration dans une famille restent la priorité. Plus que le projet de l’enfant seul, c’est celui de toute une famille. »

Car en retour, la famille s’engage à accueillir en France un étudiant étranger pendant un trimestre. En ce moment, sept lycéens étrangers sont accueillis par exemple par des familles nancéiennes. Du Brésil, de Finlande, de Colombie, des États-Unis, du Mexique, un bel aperçu de la diversité des pays qui participent au programme d’échange. Dans le monde, il existe plus de 34 000 Rotary Clubs qui regroupent 1,2 million de « Rotariens » dans 220 pays. C’est cette dimension internationale historique qui va de pair avec l’ambition de favoriser « la bonne entente entre les populations par la connaissance de l’autre ».

Pour poser sa candidature et partir pour la rentrée 2018, c’est le bon moment. Toutes les informations sont sur le site internet du Rotary et il est même possible de remplir son dossier en ligne. Le mieux encore reste de contacter le club le plus proche pour établir un premier échange. Et si Juliane vous parle de Taïwan, vous en ressortirez convaincus !

 INFOS PRATIQUES

 Youth Exchange Program, Rotary District 1790

http://www.crjfr.org