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C’est devenu un des grands enjeux culturels et touristiques de son mandat.
Laurent Hénart, maire de Nancy, veut faire inscrire la Saint-Nicolas au patrimoine
culturel immatériel de l’Unesco, pour protéger une tradition et développer
l’attractivité de la ville pendant les fêtes.

Pourquoi avez-vous fait le choix de la montée en puissance de la Saint-Nicolas à Nancy ?

Nous avons fait ce choix depuis trois ans, car la Saint-Nicolas fait partie du patrimoine de la ville et parce qu’à l’heure de la mondialisation la compétition entre les territoires se gagne sur l’authenticité, sur nos racines et sur une tradition qui rassemble. En Europe – principalement en Allemagne, en Belgique, en Autriche mais aussi en Alsace – le tourisme d’hiver se développe et je suis convaincu qu’en valorisant un événement typique de notre ville on peut en faire l’une des plus belles manifestations d’Europe.

Que peut apporter le label Unesco ?

C’est un levier précieux, notamment pour les touristes extra-européens. Quand on les interroge sur Nancy, ils savent que c’est une ville Unesco – l’ensemble XVIIIe est classé depuis plus de 35 ans – c’est une sorte de marque, une véritable force mondiale. J’ai été marqué par ça quand je suis allé en Chine, chaque ville Unesco figure sur les cartes des professionnels du tourisme. Le label les guide dans l’élaboration de leurs catalogues. Il faut obtenir le label Unesco pour deux raisons ; parce qu’il protège la tradition – le défilé, l’aspect carnavalesque, la tradition associative, le travail avec les écoles… – et aussi parce qu’il est un élément porteur pour les circuits touristiques internationaux.

Quelles sont les différentes étapes avant le classement ?

Pour le classement au patrimoine de l’Unesco, qu’il soit monumental ou immatériel, il y a toujours deux étapes. La première est d’être inscrit par son pays à la liste nationale. Nous nous sommes rapprochés du ministère de la Culture et avons déposé un dossier début octobre. Nous devrions avoir une réponse fin novembre et si nous sommes agréés, le pays défendra le projet devant l’Unesco en 2021. Dans ce dossier, l’État nous demande de démontrer l’attachement de la population, l’importance de la tradition mais aussi la volonté de création artistique et culturelle, le côté populaire de la fête, le fait que ce soit un temps fort dans la vie de la cité… D’où l’idée de faire monter en puissance la manifestation de fin novembre à début janvier en connectant patrimoine, tradition et création.

La Saint-Nicolas traditionnelle ne risque-t-elle pas de perdre son âme ?

Depuis que nous avons inscrit au projet de ville le fait que Nancy voulait devenir la capitale de la Saint-Nicolas, nous avons augmenté les moyens et la programmation sans jamais perdre de vue l’authenticité de la manifestation. L’idée est de lui donner plus d’ampleur sans la dénaturer. Fin 2008, quand j’étais adjoint à la culture, nous avions déposé, avec Saint-Nicolas-de-Port, la marque Saint-Nicolas à l’INPI, déjà pour protéger la « marque ». Le projet Unesco est dans le prolongement de cette démarche, en restant ouvert à d’autres pays qui fêtent saint Nicolas, pour lui donner une dimension internationale.