Il a fait de la sécurité sa spécialité, de l’auto-défense son expertise. Auprès des policiers, du grand public et notamment des femmes, Patrick Petitjean partage aujourd’hui son savoir-faire. Son credo : stop à la peur ! Sa promesse : la sérénité retrouvée.

La nuit vient de tomber sur Vandœu­vre, au moment ou nous poussons la porte de la salle du Team PPJ. Un nom qui claque pour une discipline finalement mystérieuse : le self-défense. De quoi s’attendre à rencontrer une bande de durs-à-cuire qui fignolent leur technique pour mieux vous assommer. Première surprise, l’ambiance des lieux, une salle de sport municipale aux couleurs vives. À la place des gros-bras, une majorité de femmes en tenue de sport, sourire aux lèvres mais très concentrées. De tous âges, de tous milieux, elle viennent chercher ici quelques techniques simples pour apprendre à se défendre au quotidien. Sous l’appellation self-défense, Patrick Petitjean réunit les différentes techniques de combat acquises en près de 40 ans d’une vie aux allures de film.

Le terrain de jeu du petit Patrick à l’époque, c’est le quartier Lorraine à Vandœuvre. Nous sommes dans les années soixante et c’est à l’école Pierre-Brossolette qu’il découvre la boxe française, lors d’une séance de présentation. Les gants sont rembourrés avec du crin, les codes sont précis et la “savate”, telle qu’on l’appelle encore à ce moment-là, séduit Patrick. Il pratiquera ce sport pendant plusieurs années et gardera de cette discipline le goût de la maîtrise de soi. Plus tard, il tapera un peu plus lourd avec la boxe anglaise. Avant de tomber dans la marmite très variée des arts martiaux : canne de combat, escrime, kick-boxing, boxe thaï, aïkido… « J’ai poussé ma formation et ma pratique assez loin, mais je n’ai pas le goût de la compétition, je suis un peu rebelle et j’ai toujours tenu à mon autonomie… Je faisais du sport par plaisir avant tout. »

DE PLUS EN PLUS DE FEMMES

Un jour, son gabarit et sa technique font qu’on lui propose un poste de portier en discothèque. « J’ai commencé par refuser, à l’époque je faisais beaucoup de sport et je ne sortais pas du tout. Je suis arrivé dans un mode inconnu un peu par accident ! » Très vite, il grimpe les échelons dans le monde de la sécurité jusqu’à superviser cinq établissements. « J’ai également passé près de dix années en missions de protection rapprochée auprès d’artistes, de personnalités privées ou politiques. À ce titre, j’ai pu collaborer avec le Raid (Recherche Assistance Intervention Dissuasion) et le GSPR (Groupe de Sécurité́ de la Présidence de la République) dans l’organisation et l’accompagnement de leurs déplacements en région. » Dans ces missions, il parfait sa technique de krav-maga.

À l’époque cette méthode militaire israélienne commence à arriver en France, Patrick Petitjean est un des premiers adeptes. « J’ai compris que cette discipline était loin de l’image militaire violente. Elle permet de désamorcer le conflit, d’immobiliser, de se protéger. » Aujourd’hui c’est en grande partie cette technique qu’il enseigne dans ses cours au sein du club qu’il a créé il y a sept ans. « Je n’ai pas voulu monter un club de passionnés d’art martiaux comme moi. J’ai tout de suite voulu m’adresser à Monsieur ou Madame Tout-le-Monde. Toute personne qui souhaite pouvoir se défendre. » Avec ses adjoints Xavier, François, Romain, Éric et Christelle, Patrick Petitjean observe depuis trois ans un net changement chez les personnes qui fréquentent le club : « De plus en plus de fem­mes, des infirmières, des pompiers, des éducateurs : autant de personnes qui ne souhaitent pas apprendre à porter des coups mais plutôt acquérir des techniques pour être plus réactifs, savoir se dégager en cas d’agression. »

Cette envie d’apaiser les relations, Patrick Petitjean la prolonge dans son métier de médiateur de jour sur la ville de Vandœuvre. Son vélo électrique et ses bras tatoués sont désormais connus de la petite dame du Village au gamin des Nations à qui il transmet sa sérénité, sa force tranquille.

Infos pratiques : 

Patrick Petitjean – self-défense : Gymnase Gérard Jacques, rue de Crévic à Vandœuvre-lès-Nancy, www.patrick-petitjean.fr