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Grâce à une aventure artistique commencée il y a dix ans, Jean-Sébastien Bach a trouvé ses quartiers d’été dans la ville de Toul. Autour du grand orgue de la cathédrale, jusqu’à la collégiale Saint-Gengoult, expositions et concerts gratuits composeront une belle partition estivale.

Toujours en discrétion, jamais sans conviction, la vie culturelle touloise écrit, depuis une décennie, de très belles pages en organisant un des plus grands festivals français dédié à l’un des plus grand compositeurs de tous les temps, Jean-Sébastien Bach. Au départ, il y a cet orgue monumental de la cathédrale Saint-Étienne, le plus grand construit après la Seconde Guerre mondiale en France. Considéré par certains comme le meilleur et le mieux entretenu du Grand Est, l’instrument a été le déclencheur, la petite étincelle autour de laquelle allait s’allumer un festival de musique classique, le premier dans le bassin toulois. Alde Harmand, maire de Toul, raconte : « Au départ, l’orgue, de facture baroque, était un prétexte pour lancer un festival autour de la musique de Bach. Mais au fil des ans, l’événement à trouvé son public, la programmation s’est étoffée et c’est aujourd’hui un rendez-vous attendu. »

Quelques jours seulement après l’extinction des décibels des scènes rocks, électro ou reggae du Jardin du Michel, la ville de Toul retrouve ainsi calme et volupté, tout en essayant de surprendre avec une programmation décalée. On a pu applaudir par exemple l’an dernier la reine de l’orgue jazz, Rhoda Scott. Cette année, le virtuose accordéoniste de jazz Richard Galliano proposera lui aussi sa lecture personnelle de l’œuvre de Bach. Il y a dix ans tout juste, il signait d’ailleurs un disque consacré au compositeur allemand et dépassait les records de vente en musique classique avec 70 000 albums écoulés.

Au total, seize concerts et rendez-vous musicaux emmèneront le public sur les traces des plus grands maîtres de la musique classique : Bach, bien-sûr, mais aussi Haendel, Vivaldi, Couperin ou Pachelbel. Leurs plus grandes œuvres seront interprétées par des artistes de renom comme Eric Lebrun, Philippe Portejoie, Pieter-Jan Belder, Dimitri Vassilakis tout autant que par la jeune génération, particulièrement présente dans cette programmation. En effet, trois concerts consacrés à l’œuvre de Bach seront donnés par les classes européennes d’orgues des conservatoires de Paris, Lyon et Stuttgart.

Pour mieux cerner le génie du compositeur allemand, le festival propose une réflexion originale autour de L’Art de la fugue, un chef d’œuvre majeur composé dans la dernière décennie de sa vie qui fera l’objet d’une conférence intitulée : L’Art de la fugue, énigme mathématique et philosophique, puis d’une série de concerts scolaires : L’Art de la Fugue expliquée aux enfants et enfin un grand concert de clôture du festival : L’Art de la Fugue – Le Testament musical de Johann Sebastian Bach. Enfin, dans le cadre de cette édition anniversaire, la Ville proposera une exposition inédite en France intitulée Bach et la Bible en collaboration avec la Bibelgesellschaft de Leipzig.

Pour marquer le coup du dixième anniversaire, la ville de Toul a décidé que tous les concerts seraient cette année soumis à une participation libre : « C’est la suite logique de notre volonté d’ouverture, explique Alde Harmand. Ouverture sur une programmation variée, ouverture au grand public par la libre participation, pour un festival définitivement plus « ouvert » que ne le laisse supposer son nom. »

Pascal Vigneron, directeur artistique

« Un festival exigeant, atypique et ouvert à tous »

Organiste, trompettiste et chef d’orchestre, Pascal Vigneron est le co-créateur du Festival Bach. En dix ans de direction artistique, il a transformé un modeste événement musical en ambitieux rendez-vous culturel. Son credo : « Proposer une musique de qualité à un public large ».

Le Festival Bach fête ses dix ans à Toul, quel est le secret de sa longévité ?

Quand l’idée de créer un événement musical autour de l’orgue de la cathédrale de Toul a émergé, sa tonalité particulière nous a fait choisir Bach. À l’époque nous étions loin de nous imaginer que sa musique nous porterait si loin ! À Toul, dans les communes voisines et au-delà en Allemagne et au Luxembourg, par exemple, plus de 300 concerts ont été donnés. Dès le départ il y a eu une volonté politique – celle du maire de Toul Alde Harmand – et une volonté artistique – la mienne ! – de faire de ce festival un rendez-vous à la fois populaire, exigeant dans sa programmation, ouvert sur la jeunesse avec toujours une petite touche atypique.

Des têtes d’affiches hors du champ habituel de la musique classique, c’est la marque de fabrique de votre festival ?

L’esprit d’ouverture est dans l’ADN même du festival. Tout comme nous mêlons grands interprètes et jeunes talents – en accueillant chaque année les lauréats des meilleures écoles d’orgues européennes – nous mélangeons aussi les styles. Le bassin du Toulois n’ayant pas de tradition musicale classique ou savante, il était important de ne pas faire de ce festival une manifestation trop élitiste. Le fait d’ouvrir à des artistes plus modernes en fait le succès. Après Rhoda Scott qui a interprété le répertoire de Bach entre swing, jazz et improvisation l’an dernier, c’est Richard Galliano, qui revisite le classique avec son accordéon, qui est l’invité de cette édition anniversaire.

Plus de trois siècles après leur composition, les œuvres de Bach sont-elles toujours modernes ?

La musique de Bach a cette particularité de pouvoir être interprétée sur de nombreux instruments et dans des styles très différents. On a coutume de dire qu’il est « le père de la musique », il a inspiré beaucoup de musiciens, de jazz notamment, et la musique telle qu’elle est aujourd’hui lui doit beaucoup.

Les temps forts du festival

L’accordéon de Richard Galliano

Il incarne ces artistes pour qui les cloisons entre les genres musicaux n’existent pas. Le jazz l’a rendu célèbre, mais Richard Galliano s’est aussi bien illustré dans d’autres styles, à commencer par le classique. L’accordéoniste passionné par la musique de Bach a publié en 2010 un album a succès consacré au génie allemand. À Toul, au côté de Pascal Vigneron à l’orgue, il balaiera le répertoire sur trois siècles de musique de Bach à Piazzola en passant par Debussy.

Cathédrale Saint-Etienne

Dimanche 15 septembre à 16 h


L’exposition Bach et la bible

L’œuvre de Bach est indissociable de sa foi chrétienne. Une exposition vient apporter un nouvel éclairage pour mieux comprendre les liens entre le musicien et la bible. Cette exposition, qui a déjà rencontré un vif succès en Allemagne, a été présentée pour la première fois en 2000 à Leipzig pour le 250e anniversaire de la mort de Bach. C’est la première fois qu’elle est visible en France, grâce au travail de traduction de Pascal Vigneron.

Pour la première fois en France
Cathédrale Saint-Etienne, transept est

Du 15 juin au 22 Septembre


Autour de l’Art de la Fugue

Pièces musicales emblématiques de la composition de Bach, les fugues résument à elles seules le génie du compositeur allemand. Il a lui même écrit à la fin de sa vie une œuvre intitulée « l’Art de la Fugue ». C’est sur cette pièce maîtresse du musicien que portera la conférence en partenariat avec le Celt (Cercle d’études locales du Toulois) intitulée : L’Art de la Fugue, énigme mathématique et philosophique, ensuite une série de concerts scolaires L’Art de la Fugue expliquée aux enfants et enfin un grand concert de clôture du festival L’Art de la Fugue – Le Testament musical de Johann Sebastian Bach.

Conférence en collaboration avec le Celt : L’art de la fugue, énigme mathématique et philosophique – Musée d’art de d’histoire de Toul

8 octobre à 20 h

L’Art de la Fugue expliquée aux enfants

10 et 11 octobre – Musée d’Art et d’Histoire de Toul

12 Octobre à 20 h 30 – Collégiale Saint-Gengoult

INFOS PRATIQUES :

à Toul – Entrée libre – http://www.toul.fr

Du 15 juin au 12 octobre