© Le Capriccio Français

Né dans un petit village en pleine campagne lorraine, le festival de musique sacrée et baroque de Froville est devenu en 22 éditions un des plus grands festivals du genre en France. Et ça tombe bien car le baroque est à la mode. Les plus grands artistes et les jeunes talents se donnent rendez-vous dans un site unique à l’acoustique sans équivalent.

C’est une musique qui a été inventée pour des lieux comme celui-là. Un lieu où la nature et les pierres interrogent l’âme, l’invitent à sortir du cadre pour mieux s’élever. Que ce soient les artistes ou les spectateurs, évoquer les concerts du festival de Froville, c’est avant tout mettre en avant ce lieu d’inspiration, sa voûte romane à l’acoustique… sacrée. À cheval entre mai et juillet, le festival rassemble chaque année ses fidèles et d’autres, curieux, venus découvrir ce qui fait le sel de la musique baroque, la cousine du classique, trop longtemps oubliée et toujours peu représentée dans les salles traditionnelles. En 22 ans d’existence, plus de 70 000 personnes ont assisté au festival.

Tout avait pourtant commencé à l’échelle du village. Sobrement, humblement. Un groupe de passionnés prend conscience, à l’occasion du concert donné pour célébrer la fin des travaux de rénovation de l’église, de l’évidence : ce lieu est fait pour y jouer de la musique. Au fil des ans, les amateurs de musique baroque ont fait de Froville un incontournable des festivals du genre. La programmation, exigeante, n’y est pas étrangère. Les plus grandes stars du baroque sont passées par le petit village lorrain. Comme Jordi Savall, considéré comme l’artiste qui a remis cette musique à la mode, ou Philippe Jaroussky, un des plus célèbres contre-ténor au monde, présent au festival dès 2002.

« Il y a une envie de fraîcheur et de partage chez chacun des artistes programmés. C’est l’identité de notre festival. »

Depuis deux ans, une nouvelle équipe est à la tête de la manifestation. Laure Baert, directrice artistique, musicienne et chanteuse d’opéra, met toute son énergie à développer un rendez-vous qu’elle espère équilibré entre têtes d’affiches mondiales, talents régionaux ou concerts familiaux : « C’est une musique qui attire beaucoup de jeunes, chez les artistes mais aussi dans le public. Nous avons envie d’ouvrir nos portes à ces talents qui font énormément de bien à cet art. Prenez par exemple Jakub Józef Orliński, dont la beauté n’a d’égal que le talent, capable de jouer les mannequins, les danseurs hip-hop et qui maîtrise à la perfection le répertoire baroque comme contre-ténor. Il y a une envie de fraîcheur et de partage chez chacun des artistes programmés, c’est l’identité de notre festival. »

Musique chantée ou non, le festival là aussi équilibre les genres. En ouverture par ex­em­ple, le Concerto Köln, ensemble mythique de la scène baroque internationale, est l’invité privilégié du concert d’ouverture avec un programme flamboyant et réjouissant réunissant des œuvres de Vivaldi, Albinoni et Galuppi. Côté ensemble vocal, l’art du chant des King’s Singers, cinquième gé­né­ration, reconnu comme l’un des meilleurs ensembles vocaux masculins au monde balaie les styles de la musique médiévale aux Beatles. Pour finir en beauté, le festival de Froville accueille en concert de clôture l’unique date en France de Max Emanuel Cenčić, considéré comme l’un des chanteurs les plus fascinants et les plus polyvalents de sa génération.

Nathalie Stutzmann, marraine d’honneur

« Un festival intime et inspirant »

Contralto et chef d’orchestre mondialement connue, Nathalie Stutzmann
est la marraine du festival. Native de Lorraine, elle est fière de venir défendre l’approche saine, honnête et familiale d’un festival idéal pour le baroque,
tant par la qualité du lieu que pour le prestige de son programme.

Vous êtes depuis l’année dernière la marraine du festival, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous y investir ?

Je connais Laure Baert, la directrice artistique depuis longtemps, comme musicienne et chanteuse. Son dynamisme, son efficacité et son élégance ont fait évoluer ce festival qui est en train d’exploser en termes de notoriété et de qualité. La programmation est très internationale et assez magique, tout comme le lieu qui accueille les concerts. L’église de Froville a vraiment une âme et une qualité acoustique exceptionnelle. Sa taille est idéale et permet une grande proximité entre le public et les musiciens. La musique baroque a été écrite pour des lieux assez intimes, et pour nous artistes qui nous produisons plus souvent dans des salles de 3 000 places, jouer à Froville permet de renouer avec les origines, c’est un cadeau.

Vous êtes nancéienne mais vous vous produisez rarement en Lorraine, le festival a-t-il pour vous une saveur particulière ?

C’est vrai que je me produis plus souvent à New York, à Tokyo ou en Chine qu’en Lorraine ! Je suis nancéienne, j’ai fait mes études à Poinca et au conservatoire. C’est toujours un plaisir de revenir en Lorraine, de prendre un verre à l’Excelsior ou place Stan… À Froville je retrouve mes racines lorraines. C’est aussi l’occasion de voir des gens de ma famille, des amis, des anciens professeurs dans le public. Mais au-delà de ça, c’est vraiment la qualité du festival, qui est en passe de devenir LE rendez-vous de la musique baroque du Grand Est qui me plaît.

Vous êtes une des seules femmes à chanter et diriger un orchestre en même temps, d’où vous est venue cette envie ?

C’est toujours la passion qui m’a guidée et l’envie de vivre mes rêves. J’ai toujours pensé que les deux plus beaux instruments étaient la voix et l’orchestre mais lors de mes études, la question des femmes chefs d’orchestre était encore taboue. Pendant 30 ans je n’ai fait que chanter et aujourd’hui je suis plus souvent à la baguette. Je me produis très peu comme chanteuse, sauf à Froville !

Vous partagerez la scène avec Leon Košavić pour un programme sur Bach. Que va-t-on écouter ?

Bach à deux voix est un programme très original car il est consacré au répertoire pour voix graves. Je suis contralto et Leon est baryton-basse. Pour Bach, la voix de contralto représente l’âme humaine, la basse est celle du Christ. C’est une pièce rare très peu souvent chantée car il y a très peu de voix graves pour interpréter ce répertoire.

De 17 à 49 €

Nouveau ! 

Des pass et un concert famille

Pour fidéliser son public et en attirer un nouveau, le festival de Froville propose cette année des pass thématiques qui permettent de profiter de la programmation à un prix avantageux.

PASS DÉCOUVERTE

Fuoco E cenere + Le Rêve d’Ariane

Accompagné de projections lumineuses pour le premier, et présenté sous la forme d’un conte pour le second, ces deux concerts, inédits et étonnants, ne vous laisseront pas indifférent. À noter que Le Rêve d’Ariane est le premier concert « famille » adapté au jeune public (mais pas que…) organisé par le festival (accessible hors pass également).

PASS POP N’ BAROQUE

Nevermind + Jean Rondeau + The King’s Singers

Un vent de fraîcheur et de modernité souffle à Froville…Laissez vous surprendre par l’imagination, la délicatesse et le talent de cette nouvelle génération.

PASS NOUVEAUX TALENTS

Le Capricio français + Jakub Josef Orlinski

Misez sur l’avenir !
Avec Myriam Arbouz, Dania El Zein et William Howard Shelton, primés lors des dernières éditions du concours de chant international baroque de Froville. Et Orliński, la nouvelle pépite de la scène baroque.

PASS NOTRE REGION A DU TALENT

Le concert lorrain + La chapelle Rhénane

Mettre en valeur le talent des artistes régionaux, c’est aussi valoriser l’excellence culturelle de nos territoires.

INFOS PRATIQUES : 

 Du 24 mai au 7 juillet à Froville

Navettes au départ de Nancy pour chaque concert

Informations, programmation complète et tarifs surhttp://www.festivalde froville.com