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Discret mais salué à chaque fois par la critique, le chanteur lorrain publie un nouvel album fin septembre. À bientôt vingt ans de carrière, il revient à un style plus intime, pose un regard sombre mais pas déprimant sur notre société.

Il est de ceux qui ont le physique de leur voix. Ou l’inverse. Louis Ville a une gueule qui a vécu et la voix rauque. Ses cordes vocales trahissent la tension des sentiments qui le traversent. Mais il sourit beaucoup plus en vrai que ne le laisseraient penser ses chansons, qui penchent souvent du côté obscur. « C’est vrai que le confort m’angoisse, et que j’aime me mettre en danger. Je ne suis pas sévère mais si l’on veut travailler avec moi, il faut faire avec mon côté despote », explique Louis Ville comme pour planter le décor.

Son décor préféré c’est la campagne. Il y habite depuis toujours et y a posé son studio de travail, près du Lac de la Madine. Il a d’ailleurs choisi Ville comme pseudo, comme un pied de nez. Mais ne cherchez pas des petits oiseaux et des arbres verts dans les chansons de Louis Ville. Dans Et puis demain, son nouvel album à paraître, il n’hésite pas à aborder le thème de l’amour, de faire un portrait de son père ou d’un ami d’enfance. Plus calme et poétique que ses précédents disques, ce nouvel opus à l’orchestration soignée permet à cet autodidacte pudique de se livrer un peu plus.

Après son dernier disque en 2015, Louis Ville s’est consacré à la composition de musiques originales pour des documentaires. Un pas de côté très différent, mais qui le séduit : « Pour moi l’image et la musique sont étroitement liées. En travaillant sur l’illustration sonore, je nourris aussi mes autres projets professionnels, même si tout est très bien cloisonné. » Avec une approche de son art, qu’il qualifie sans complexe d’artisanale, Louis Ville séduit la critique qui, dès la sortie de son premier album en 2000, n’hésite pas à voir en lui du Brel ou du Arno.

Ses influences sont très variées : « Je suis le dernier d’une fratrie de garçons qui écoutaient des choses très variées. J’ai commencé par le jazz-rock comme guitariste. Puis avec le groupe Do It, nous sommes partis faire du rock énervé sur les routes de France et d’Europe, jusqu’à ce que je décide de me poser à la fin des années 90 pour m’essayer en solo », raconte Louis Ville. À la croisée des chemins entre rock, punk, et chanson française, il réussit un exercice d’équilibre pas évident mais totalement transparent. Rien de poussif ou de transpirant dans les chansons de Louis Ville.

Pas stressé par la sortie de son nouvel album, il dégage le flegme de celui qui a bien travaillé, rendu une copie personnelle. La critique sera-t-elle à la hauteur des six précédents albums ? « À chaque sortie, je m’étonne du bon accueil qui leur est réservé. J’ai eu beaucoup de chance en fait, en étant signé dès la première tentative. Et depuis ça dure. » Pour la tournée à venir, les grandes salles alterneront avec les petits bars qu’il affectionne tant. C’est là, devant une assemblée restreinte, que Louis Ville aime donner le meilleur de lui même : « La scène, c’est la meilleure façon de me poser, ma meilleure thérapie. »

INFOS PRATIQUES : 

Sortie de l’album Et puis demain le 28 septembre – Release party à la Souris verte d’Épinal le même jour à 20 h 30 – De 10 à 16 €

http://www.louis-ville.fr