© Donietta-Roméas

Sa musique est fidèle au poste depuis bientôt un demi-siècle : cet automne encore, le NJP fera battre les cœurs des amateurs de jazz, de pop, de rock ou de musiques électroniques. Le savant dosage de cette 45e édition s’annonce une nouvelle fois efficace, entre stars de légende et belles découvertes, du bout du monde ou du club du coin.

C’était au départ un coup d’essai, c’est à l’arrivée un coup de maître. C’était un rendez-vous d’une poignée de passionnés, c’est devenu le festival incontournable. Nancy Jazz Pulsations, c’est surtout ce petit électrochoc qui vient réveiller une vie culturelle qui serait tentée de ronronner vers l’hiver. Une partition d’automne, qui cette année encore, sait rassembler sur ses nombreuses scènes un bel éventail de la musique actuelle. Les audaces avant-gardistes en jazz des débuts du festival lui ont permis d’asseoir une belle réputation. L’envie d’éclectisme lui a permis de durer en trouvant son public.

Autour d’un chapiteau géant de la Pépinière, point d’ancrage du NJP, pas moins de huit lieux de concerts accueillent au total 40 soirées ! À chaque salle son style : feutré pour un jazz pur au théâtre de la Manufacture, élégant et accueillant à la salle Poirel, électrique et festif au Magic Mirror ou surprenant à l’Opéra et à la Basilique Saint-Èpvre. Cette année, la programmation fait tourner la tête en ne citant, pour ne prendre que quelques exemples, la voix jazzy de Stacey Kent, la rencontre d’Avishai Cohen et de l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy, le lien entre Bach et Coltrane, le retour de Maceo Parker, Eddy de Pretto, Groundation, Bill Deraime, des Négresses Vertes, de Chucho Valdés, Charlie Winston et enfin la venue pour la première fois de Fatoumata Diawara, Lisa Simone, du fabuleux Orquesta Akokàn; de GoGo Penguin, Ben Mazué…

Ce rayonnement, c’est aussi celui que le NJP a su mettre en place dans sa ville et plus largement dans la région. Aucun public n’est oublié, des scolaires aux patients des hôpitaux, aucun lieu n’échappe à la vibration musicale : bars, resto U ou centre commerciaux.

Comme le homard de son affiche, le NJP multiplie ses bras et ses antennes, révèle sa finesse sous sa robuste carapace. On en pince pour le jazz !

Patrick Kader, directeur et programmateur du festival :

« Jazz, blues, rock, électro… NJP fait vibrer toutes les musiques »

Son nom est indissociable du NJP. Directeur et programmateur,
Patou Kader revient sur les secrets de longévité du festival qu’il a rejoint en 1980. Fin connaisseur de la scène musicale française et internationale, il nous confie ses coups de cœurs avec un enthousiasme qui n’a d’égal que la discrétion de cet homme des coulisses.

45 ans que ça dure… C’est rare pour un festival d’arriver à cet âge avec toujours autant de vitalité ?

45 ans, c’est vrai ça compte… Le NJP fait partie des plus anciens festivals de musique français mais il a su évoluer au fil des années. À sa création en 1973, c’était un festival très jazz et quand j’y suis arrivé comme programmateur en 1980, j’ai eu en­vie de l’ouvrir à d’autres musiques. À l’épo­que c’était très original et beaucoup d’au­tres festivals en France ont fait de même plus tard. Je pense que c’est un des secrets du la pérennité du NJP qui a su, en plus, garder l’âme et l’énergie de ses débuts.

Éclectique, c’est le mot qui revient le plus souvent quand on parle du NJP. Quels sont les autres brins de l’ADN de ce festival ?

C’est un festival particulier dans plein de domaines. D’abord, il a lieu en automne, pour certains c’est une bizarrerie alors qu’en fait c’est une période parfaite ! Dans les années 70 il y avait à Nancy le Festival mondial du théâtre qui se tenait en avril-mai. Mes prédécesseurs ont voulu créer un second événement culturel, au début de l’année universitaire, pour donner un coup de pep’s à l’automne. C’était, et c’est toujours une période hyper bien choisie. Dès le départ, l’envie de partager la musique avec tous les publics était bien présente, c’est toujours le cas sans transiger sur la qualité des affiches. Et puis, c’est un événement populaire avec des tarifs accessibles et un rendez-vous gratuit, devenu incontournable : Pépinière en fête, qui célèbre sas 30 ans cette année.

Pour cette 45e édition, vous avez voulu une programmation particulière ?

Chaque programmation est particulière, donc non… Chaque année, avec mon équipe, nous faisons un programme de coups de cœur. Le festival est reconnu, donc beaucoup de groupes se proposent mais je continue à aller chercher des musiques qui m’intéressent. Des pointures comme Alpha Blondy que j’adore et des petites formations comme Synoptik Q4tet, quatre musiciens du conservatoire de Nancy, vainqueurs du Tremplin Jazz Grand Est. Je dirai que cette année est particulièrement riche ! Par le nombre de concerts, par la diversité des styles, des lieux et des artistes. La saga NJP continue de pulser !

Notre playlist du festival :

Pour tous les goûts et dans tous les styles : difficile de ne pas trouver son bonheur
dans la programmation de l’édition 2018. Pas évident non plus de faire son choix :
voici notre sélection pour vous y aider.

Il est passé de découverte à tête d’affiche. Mis en avant l’an dernier par les programmateurs du NJP, Eddy de Pretto revient pour un concert à guichet fermé et méritait bien la une de notre magazine. Parmi la pluie de star de l’édition 2018 : la chanteuse Stacey Kent sera sur la scène de la salle Poirel accompagnée d’un orchestre symphonique.Bossa nova, chanson française ou standards américains, elle chantera des histoires d’amour avec romance et sensualité.

Pour fêter en beauté ses 45 ans et les 100 ans de l’Opéra national de Lorraine, NJP s’offre un concert exceptionnel en associant le contrebassiste et chanteur israélien Avishai Cohen à l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy.. On notera aussi pour la première fois en France la présence d’une pépite de la musique cubaine, Orquesta Akokán, un groupe multigénérationnel de mambo. À savourer aussi, l’élégant équilibre pop-rock-folk de Charlie Winston (notre photo ci-con­-
tre) qui vient présenter son nouvel album.

Une nuit entièrement dédiée au blues sera l’occasion d’applaudir la légende du blues français, Bill Deraime, qui fête ses cinquante ans de carrière. Pour un voyage initiatique, les plus exigeants se laisseront tenter par un pont entre Bach et
Coltrane pour un premier concert à la cathédrale Saint-Èpvre. Côté énergie : Les Négres­ses Vertes sont de retour pour un bon coup de soleil sur l’automne nancéien.

INFOS PRATIQUES :

Nancy Jazz Pulsations, du 10 au 20 octobre

Programme complet sur
http://www.nancyjazzpulsations.com