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L’artiste plasticien lorrain signe l’installation monumentale qui habille l’arc Héré pour les fêtes de fin d’année. Arc’quatique met en scène 200 poissons automates, une prouesse de plus pour ce graphiste de formation, qui laisse éclater son talent depuis une dizaine d’années.

Majestueuse et intrigante, installée dans la cour de l’ancienne école du quartier des Trois-Maisons devenue MJC, sa girafe est devenue un symbole. Celui de la réussite d’une collaboration entre les habitants du quartier et les artistes. Daniel Mestanza l’a voulue comme un cadeau pour ce lieu qui l’accueille depuis sept ans et dont les murs lui servent d’atelier. La girafe des Trois-Maisons est aussi le symbole de la lutte pour préserver le site, un instant menacé d’être vendu aux promoteurs immobiliers.

L’atelier du « Dan », comme on l’appelle dans le coin, est toujours en ébullition. À quelques jours du lancement des fêtes de la Saint-Nicolas, il apparaît pourtant presque vide. En tout cas bien rangé. « Il faut s’imaginer qu’il y a peu il y avait encore ici près de 200 poissons et autres animaux marins. Je me suis surpris moi-même à finir dans les temps ce grand projet commencé il y un an », explique Daniel Mestanza. Commande artistique de la Ville de Nancy, Arc’quatique vient saluer le travail de cet artiste engagé, bien dans son quartier et dans sa ville.

Né à Thionville il y a cinquante et un ans, Daniel Mestanza a été formé aux Beaux-Arts d’Épinal où il enseigne aujourd’hui, spécialisé dans les outils numériques et le multimédia. Car très longtemps, c’est devant un écran, une souris en main, que Dan a tracé son chemin : « Au début c’était fascinant, car ces outils numériques étaient tout nouveaux. Je m’y suis consacré avec plaisir pendant vingt ans, jusqu’au jour où j’ai eu envie de retourner vers des techniques plus traditionnelles, de ressortir mes crayons et mes ciseaux pour revenir à la matière. » En 2007, il embrasse ainsi une deuxième carrière d’artiste plasticien. Son premier projet sera la réalisation d’une marionnette ventriloque de Charles Aznavour pour un spectacle, l’occasion de s’initier au modelage, au moulage et de mettre un pied dans le monde du théâtre. « C’est la scénographe Sophie Perez qui m’a donné l’impulsion, en voyant les jouets et automates que je fabriquais pour mes enfants. » Les choses s’enchaînent assez vite au point de réaliser dès la première année – et en trente jours seulement – une série de vingt-trois sculptures monumentales exposées à New-York. « J’ai eu la chance de pouvoir travailler rapidement pour des commandes et ça ne s’est pas arrêté, pour le théâtre, pour des expos… Je suis toujours surpris quand je passe en revue tout ce travail effectué en dix ans. Souvent ces demandes sont complètement folles et vont au-delà de ce que j’aurais osé », s’étonne Daniel Mestanza.

Et pourtant, il ose. Comme lorsqu’il réussit à collaborer presque au hasard d’une rencontre avec le réalisateur américain David Lynch, dont il est fan. Après vingt années parisiennes, Daniel Mestanza revient s’installer en Lorraine. Il choisit Nancy, sa ville préférée dans le Grand Est pour son ouverture sur la culture. Bien lui en prend : en 2011, la ville lui commande des automates lumineux pour la Saint-Nico­las. « Je me suis inspiré de ma propre expérience de gosse à la Saint-Nicolas, quand je ne voyais rien du défilé, coincé au troisième rang de la foule. J’ai proposé quelque chose d’aérien et de visible par tous. » C’est dans ce même esprit magique et onirique que s’inscrit l’installation Arc’quatique. « J’aime particulièrement le fait que cette œuvre soit en milieu urbain, accessible à tous et le fait qu’elle soit évolutive dans le temps. Pendant trois ans, les poissons réapparaîtront, sous d’autres formes et plus nombreux » Et comme un nouveau clin d’œil à cette période marine, sa prochaine œuvre sera une pieuvre géante animée qui ornera l’escalier du Museum Aquarium pour sa réouverture après travaux.

BIO EXPRESS

1967

Naissance à Thionville le 26 novembre. Il y passe son enfance et fait ensuite ses études aux Beaux-Arts d’Épinal.

1992

Installation à Paris où il travaille comme graphiste en agences puis en en free-lance.

2007

Première collaboration avec la Cie du Zerep, pour laquelle il réalise une marionnette ventriloque d’Aznavour.

2011

Retour en Lorraine, première commande artistique de la ville de Nancy : trois automates lumineux qui font l’ouverture du défilé de la Saint-Nicolas..

2018

Réalisation de 200 poissons et animaux marins animés et lumineux à découvrir sous l’arc Héré pendant les Fêtes..