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Du laboratoire prestigieux de la grande ville à la grange du petit village, la science part à la rencontre du grand public à l’occasion de la 26e édition de la Fête de la Science du 7 au 15 octobre. En Lorraine, plus de 300 rendez-vous proposent d’en dévoiler les coulisses, de rencontrer des scientifiques, de réfléchir et de rêver.

Tout le monde a suivi ses exploits en orbite. Thomas Pesquet a occupé la scène médiatique comme rarement un spationaute ne l’avait fait avant lui. Mais plus que l’aventurier de l’espace, le public a retenu de lui, l’image d’un scientifique. L’esprit sain dans le corps sain, sans blouse blanche ou cheveu en bataille, il a vulgarisé la science. Il en a fait une fête pendant les mois passés dans la station orbitale. De quoi réjouir Didier Mathieu depuis le planétarium d’Épinal. Responsable du site et coordinateur de la Fête de la Science pour la Lorraine, il n’a pas raté une miette de l’aventure : « C’est un bel exemple de l’omniprésence de la science dans notre quotidien. Tout ça paraît lointain, mais c’est bien la recherche pour la conquête spatiale qui a permis des progrès dont nous profitons tous les jours. Par exemple, la couche-culotte, le Tetra-Brick, le téléphone portable, toutes ces technologies sont nées de la recherche scientifique pour l’espace. Idem pour la connaissance de l’être humain. »

De l’arbre à la lune

Parler de science, changer une image trop longtemps enfermée derrière les portes des laboratoires, c’est tout l’objet de la Fête de la Science, lancée de les années 90 par un Lorrain, Hubert Curien, originaire des Vosges. C’est lui, en tant que ministre de la recherche et de la technologie, qui lance en 1991 la première édition de ce qui deviendra une institution à destination du grand public. Une occasion de rappeler que la Lorraine reste en pointe dans le domaine, avec des laboratoires prestigieux et des sites de culture scientifique à découvrir. Lors de la première édition, René Diguet, maître de conférence en physique chimie, décide d’installer un petit laboratoire sous une tente à Épinal. Il y réalise des mini-tornades dans des bouteilles, des expériences sur le magnétisme. Remarqué par le ministère de l’époque, il est récompensé pour ce qui incarnait alors, le premier « village de sciences ». À 80 ans aujourd’hui, cet ancien enseignant chercheur continue de participer à la Fête de la Science. Sûrement parce qu’il a été clown dans des centres de vacances avant sa carrière scientifique, il cultive une démarche ludique. « Il y a toujours moyen de faire de la science un spectacle. Avec mon ancien technicien de laboratoire, Philippe Gadonneix, nous proposons des expériences de bric et de broc avec des objets du quotidien. Cela nous a valu le surnom de « Camelots des sciences ». Chaque année, nous faisons des mathématiques avec un ananas, nous plantons un clou avec une banane, ou nous évoquons les fractales avec un chou romanesco. L’idée est de rendre accessible ce qui est au départ compliqué », détaille René Diguet.

Pour proposer le meilleur panel de la science dans la région, l’équipe de coordination épluche toute l’année les projets, les candidatures pour mieux les accompagner. Car si le domaine de la science est vaste, la labélisation est elle, très précise. Chaque participant peut bénéficier d’un financement de la part du ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. « Nous avons un rôle d’accompagnement, de recensement, de mise en place et de diffusion. Tout passe par un comité qui juge selon des critères déterminés par le ministère », explique Didier Mathieu. Cette année, le thème régional retenu est « la science se livre ». Car la science est accessible avant tout dans les livres. Quelle que soit leur forme – bande-dessinée, conte, roman… L’Université de Lorraine, par exemple propose de faire se rencontrer chercheurs et grand public autour de spectacles scientifiques au sein de structures – médiathèques et bibliothèques – réparties sur le territoire lorrain. La diversité des recherches effectuées à l’Université de Lorraine en sciences exactes, humaines et sociales, permet une grande variété dans les sujets abordés. « C’est une magnifique occasion de se rendre compte à quel point la région regorge de laboratoires en pointe dans leur domaine, explique Didier Mathieu. Par exemple à Nancy, le Centre de Recherche Pétrographique et Géochimique emploie une centaine de personnes qui font de grandes recherches et qui ont notamment travaillé sur des poussières de soleil, ou des échantillons de pierre lunaire rapportés lors des missions Apollo. Loin de tout ça, mais tout aussi en pointe, l’École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois, forme à Épinal parmi les meilleurs ingénieurs français dans ce domaine. » Entre village des sciences et portes-ouvertes des grands sites scientifiques, le nez dans des fouilles archéologiques ou la tête dans les étoiles, le plus dur sera de choisir quelle
porte pousser…

INFOS PRATIQUES

Fête de la Science

du 7 au 15 octobre

http://www.fetedelascience.fr

Faites vos jeux…

 Jouer les architectes…

Lors de la folle journée de l’architecture à la Grande Halle Renaissance à Nancy, à travers plus de trente ateliers ludiques et pédagogiques sur le thème « voyage et architecture ». Maquettes géantes, expérimentation 3D, manipulation de multiples matériaux, découverte des dimensions, des échelles, des perspectives…

Samedi 14 octobre, de 10 h à 17 h

 Jouer les chimistes…

Au village des sciences de la MJC Nomade à Vandœuvre. Pour aborder de façon ludique la classification périodique des éléments, pour tout comprendre sur les molécules grâce aux balles de ping-pong, aux pailles et au cure-dents, pour fabriquer des odeurs de bananes de poire ou de jasmin à partir d’expériences.

Du 11 au 14 octobre

 Jouer au chercheur…

Le campus des Aiguillettes se transforme en village des sciences : biologie, chimie, physique, géosciences, mécanique, informatique, mathématiques, automatique, électronique… venez découvrir leurs applications aujourd’hui et dans notre quotidien de demain. Avec des enseignants-chercheurs, des