L’artiste plasticien nancéien signe une sculpture monumentale qui s’accrochera début juillet sur la façade qui jouxte le Museum-Aquarium. Il complète ainsi le parcours ADN « Art dans Nancy », qui met en avant des œuvres d’art contemporain un peu partout dans la ville.

Stanislas montre le chemin, sur le grand mur à côté de la porte Sainte-Catherine. Signé Jef Aérosol, il invite à porter un regard différent sur l’entrée de la ville. Plus loin, sur le bitume de la rue des Ponts, les formes géométriques peintes par Sabina Lang et Daniel Baumann font désormais partie du paysage urbain. Récemment, le taureau de Gé Pellini a planté ses sabots rouges sur le parvis du Centre Prouvé. Toutes ces œuvres s’inscrivent dans le parcours « ADN », comme Art dans Nancy. « Nous avons commencé en 2015 en mettant en avant le Street Art, et aujourd’hui les choses s’accélèrent. L’ambition est de proposer de l’art contemporain, accessible partout, pour rendre la ville plus sympathique en créant un environnement artistique, explique Raphaël Vuitton, conseiller municipal de Nancy, délégué à la culture et l’art dans la ville. Nous faisons appel à des artistes régionaux mais pas seulement. »

Cet été, deux nouvelles œuvres vont rejoindre le parcours. Une fresque sur le boulevard
Lobau, sur un mur près de serres municipales, signée Kogaone, et… un morse. Au départ cette sculpture décalée a été commandé par le Voyage à Nantes à l’artiste lorrain Gilbert Coqalane. Baptisée « Morse Attacks, opération neptune, suite et fin », elle était au départ une carte blanche laissée à l’artiste pour cette exposition temporaire géante nantaise. Elle représente un morse grandeur nature, suspendu à une façade par un parachute, comme après un atterrissage de fortune. L’image renvoie comme un clin d’œil à John Steele, GI américain resté accroché au clocher de Sainte-Mère-Église, la nuit précédent le débarquement de Normandie en juin 1944. « Je travaille beaucoup sur les animaux, et j’ai voulu faire un parallèle entre le morse et l’homme, à peu près aussi maladroits l’un que l’autre quand ils sont suspendus. Le morse c’est aussi l’alphabet militaire, d’où cette installation qui a pour but de questionner le passant. »

De Nantes à Nancy

« Nous avons été bluffés par son installation à Nantes, comme tous les visiteurs d’ailleurs, raconte Raphaël Vuitton. Et il nous a semblé logique d’inviter Coqalane à installer définitivement son morse à Nancy. Nous avons donc racheté l’œuvre à Nantes, son commanditaire d’origine. » Retour au sources pour l’animal qui trouvera place sur la façade mitoyenne au Muséum Aquarium de Nancy. Car c’est en s’inspirant du spécimen naturalisé du muséum, que Gilbert Coqalane a dessiné son propre morse. Une réplique identique, au moindre pli de graisse près. « J’ai beaucoup travaillé sur les animaux du musée, avec une attirance particulière pour les espèces nuisibles, moches ou les animaux migrateurs », explique l’artiste. La rue est le terrain de jeu préféré de Coqalane, et Nancy lui offre depuis toujours une belle perspective. Une de ses œuvres est déjà en place à la Pépinière, vous la connaissez peut-être, un panneau de basket en forme de nuage. Simple, poétique avec son lot de questions. L’installation de l’œuvre de Coqalane sera célébrée par une journée spéciale le 6 juillet, baptisée la fête du Morse. Pour boucler la boucle entre l’artistique et le pédagogique, le morse restant une des stars les plus appréciées par le public toujours curieux du Museum-Aquarium de Nancy.

Fête du Morse au Museum Aquarium

 Vous vous êtes toujours demandé pourquoi le morse est si gros ou encore à quoi lui servent ses grandes défenses ? En famille, venez découvrir cet animal énigmatique et attachant au travers d’animations ludiques.

De 18h30 à 19h : présence de Gilbert coqalane / Artiste devant son œuvre « morse attacks, opération Neptune suite et fin » dans le jardin Godron.

Public familial – surtout à partir de 8