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Professeur des écoles à Nancy, Julie Christophe occupe son temps libre à tendre le micro aux personnes qui l’inspirent, partout en France et surtout en province. Les Pipelettes provinciales s’écoutent en podcast, se retrouvent sur Instagram et séduisent de plus en plus.

Julie Christophe a deux métiers. Deux visages aussi. Celui, sage, de la maîtresse d’école, en classe de maternelle à Nancy. Celui plus décalé, de la « podcasteuse » qui produit des petites émissions de 30 minutes, deux fois par mois sur internet. On y retrouve ses coups de cœurs sous forme de longues interviews très rythmées. Des artistes, des entrepreneurs, aucun domaine n’est exclu et seule l’envie de Julie crée l’occasion d’une belle rencontre. « Ce sont toutes des personnalités positives et inspirantes, qui me donnent l’envie de raconter leur parcours. Souvent des personnes qui ont changé de vie, en reconversion professionnelle. Elles ont toutes en commun des expériences à raconter. Alors je vais à leur rencontre pour en faire profiter le plus grand nombre », explique Julie Christophe.

Son enregistreur sous le bras, elle sillonne les routes de France autant que son métier le lui permet. Comme une reporter de radio, un média qui l’a toujours fascinée : « J’ai toujours aimé les émissions qui parlaient des gens et de leur vie. Quand l’ère des podcast a commencé, j’en ai beaucoup consommé, essentiellement sur la mode. Mais j’étais frustrée par un état de fait : la plupart de ces podcasts parlaient de Paris, des Parisiennes et des Parisiens. Alors je me suis dit qu’il y avait un créneau pour parler des gens qui vivent en province. » Pendant un an, elle s’est donc intéressée aux techniques d’interviews, de montage, au matériel, à la mise en ligne pour être enfin prête et lancer il y un an « Les Pipelettes provinciales ». Les premiers à lui répondre positivement à une demande d’interview seront des fabricants de cosmétiques bio en Alsace.« J’essaie toujours de garder la même structure en abordant d’abord leur enfance, leurs sources d’inspiration, le déclic qui les a amenés où ils sont aujourd’hui. Une deuxième partie évoque toujours la province, non sans humour parfois, pour se poser enfin la même question : peut-on réussir ailleurs qu’à Paris ? »

Peut-on réussir ailleurs qu’à Paris ? Oui !

Entièrement auto-financée, la passion du micro de Julie la conduit sur les chemins de province. Pour l’instant, elle cherche surtout à développer son auditoire et le nombre de followers sur Instagram. Une envie de partager qu’elle tient de son métier d’origine : « C’est un peu la même envie de transmette qui m’anime dans mon métier de maîtresse. C’est certainement pas le même public, pas le même message, mais les comparaisons sont possibles. Ma vocation est celle d’enseigner, mais mon envie de partager va au-delà ! » Très présente sur les réseaux sociaux, gourmande de culture, Julie Christophe choisit ses sujets « au feeling ». Avec parfois de belles rencontres presqu’inespérées, comme celle avec l’illustrateur Jochen Gerner : « Je n’ai pas la légitimité d’une journaliste avec un média derrière elle. J’imagine souvent que les gens auront autre chose à faire que de me répondre. Mais je suis souvent agréablement surprise. La discussion s’installe finalement assez facilement une fois le premier contact établi. »

Loin de le faire en dilettante, elle nourrit l’ambition de se faire repérer par un sponsor ou mieux encore une radio qui lui achèterait ses productions afin d’en supporter le coût. « Pas pour gagner de l’argent, j’ai déjà un métier. Mais simplement pour continuer ces belles rencontres »

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