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En parallèle du Livre sur la Place, loin des grandes maisons d’édition, le festival l’Enfer met en valeur la microédition. Un espace d’exposition à la MJC Lillebonne, pour des artistes aux techniques traditionnelles comme la sérigraphie, la gravure, ou la typographie dans un esprit d’indépendance et de liberté.

C’est un peu l’underground du livre, un monde parallèle sur lequel souffle un vent libertaire. La microédition, c’est le fait-main, le fait-avec-amour. Le nom du salon consacré à ce monde à part de l’édition, l’Enfer, renvoie à l’histoire. Au 19e siècle, l’Enfer est le nom donné au département d’une bibliothèque dans lequel on enferme les ouvrages dits « contraires aux bonnes mœurs ». Comme dans ces recoins de bibliothèque, les livres présentés au Salon l’Enfer sont rares, car imprimés en quantité limitée, relégués dans les étagères souvent inaccessibles de nos librairies ou dans des réseaux plus restreints.

C’est en 2015 que voit le jour la première édition du festival. En parallèle du traditionnel Livre sur la Place, premier salon littéraire de l’année culturelle en France, l’Enfer profite de l’événement pour s’y inscrire comme une prolongation et représenter une branche de la création contemporaine. Pas en opposition, plutôt en complément. Au total une quinzaine de collectifs d’artistes présentant leurs travaux sur le salon et lèvent ainsi le voile sur un paysage relativement moins connu de l’édition, une autre facette où l’image et l’illustration font figure de proue.

l’édition au paradis

Dans l’Enfer, on ne trouve pas que des livres. L’édition, l’imprimerie s’y présente sous toutes ses formes. Affiches, estampes, sérigraphies, l’impression devient œuvre d’art. Dans l’Enfer on ne se contente pas d’une signature d’un auteur sur livre standard. Venus de Forcalquier, Bordeaux ou d’ailleurs, les artistes présentent leur travail. « La microédition a toujours existé en s’appuyant sur des techniques anciennes, explique Franck Wouts, de l’équipe organisatrice du festival. Le livre fait-main a connu un rebond de popularité dans les années 80 et 90 avec la mode des fanzines, comme un culture alternative. Microédition n’est pas synonyme de confidentialité. Deux ou trois rendez-vous autour de la microédition ont lieu chaque mois en France. Jusqu’en 2015 il n’y avait rien en Lorraine. »

Face à la demande de nombreux artistes de la région, cinq passionnés, amateurs et aussi acteurs de la microédition ont décidé de lancer le premier festival du genre à Nancy. Olivier Bourgois (graphiste, sérigraphe) et Sophie Lécuyer (graveuse, illustratrice) partagent le même engouement pour les techniques d’impressions manuelles qu’ils pratiquent tous deux au quotidien, et inventent ainsi depuis plusieurs années des livres illustrés qu’ils façonnent entièrement avec leurs mains. À ce duo s’ajoute Nathalie Bonafé (graphiste), impliquée dans le circuit éditorial indépendant à travers sa collaboration avec les éditions Hiatus, rejoint également par Franck Wouts, passionné des images sous toutes ses formes et Zoé Thouron, illustratrice.

À la fois salon littéraire et lieu de rencontre, l’Enfer propose des ateliers de découverte du travail des artistes. Le visiteur est invité à venir mettre les mains dans l’encre pour s’exercer à la technique du tampon, de la typographie, de la reliure. Pour rendre l’impression la plus concrète possible, il est même possible de repartir avec son travail.

Univers de plus variés, la microédition réunit l’artisan et l’ancien punk, le beau livre et l’affiche, le mignon et le trash. À découvrir en famille, gratuitement, au son des nombreux concerts qui rythmeront pendant trois jours la découverte de cet
étonnant Enfer.

INFOS PRATIQUES

L’Enfer Festival 

Du 8 au 10 septembre

à la MJC Lillebonne

Participation libre

http://lenferfestival.blogspot.fr