Isabelle Adélus & Suran lors de l’accrochage de ses ciels.
Isabelle Adélus & Suran lors de l’accrochage de ses ciels.
© EDG

Pour sa nouvelle exposition, l’Abbaye des Prémontrés s’est offert une parure sur mesure.
L’artiste Isabelle Adelus & Suran signe 100 œuvres représentant 100 « ciels » différents. Minuscules ou géants, les tableaux viennent habiller de façon inédite l’architecture intérieure du monument pour lui donner une nouvelle dimension.

« pourquoi tu ne peins pas des ciels ? »

« Je regardais un soir, le ciel avec mon fils, et je lui faisais remarquer que les couleurs étaient admirables. Il m’a simplement posé la question : pourquoi tu ne peins pas des ciels ? L’idée a fait son chemin. Je l’ai ajoutée à ma liste des nombreuses idées de travail. Et c’est en discutant autour du projet d’exposition aux Prémontrés que j’ai pensé que cette thématique était idéale. »

Sept mois avant le lancement de l’exposition, Isabelle sort ses pinceaux et se mets au travail. Mais ses recherches autour du ciel, croquis ou photos, sont bien plus anciennes. En sept mois, elle achève 400 toiles. Certaines sont minimalistes, d’autres nécessitent des heures de travail. Les matériaux, les techniques, les supports sont variés, comme la taille des œuvres d’ailleurs, du timbre poste à la grande fresque.

« Tout le monde a déjà observé le ciel, allongé dans l’herbe… »

Sur du calque, du papier, du rhodoïd, avec des encres et des huiles mélangées, des épaisseurs, des fonds, des couches et des recouvrement : « Les cent ciels offrent beaucoup de lumière, beaucoup de transparence et une touche de sauvagerie », souligne l’artiste.

Seule dans son atelier, elle va finir par partager son travail en lançant une campagne de crowdfunding pour financer la fabrication sur mesure des encadrements de ses œuvres. « Cela a été une occasion formidable de partager autour de ce thème. Un thème qui s’est révélé étonnement fédérateur : « Tout le monde a déjà observé le ciel, allongé dans l’herbe… Certains m’ont alors envoyé des photos, d’autres m’ont avoué que ces discussions les avaient poussé à regarder à nouveau le ciel. »

elle rend les gens heureux

Isabelle ne peint que quand elle est heureuse, c’est son truc. Elle l’est encore plus quand elle rend les gens heureux, but qu’elle recherche en peignant. Dans cette boucle souriante, son regard s’est levé vers le ciel de notre région, comme ceux de la vallée du Rupt-de-Mad où elle habite, d’autre viennent des souvenirs d’enfance. En exemple, ce monochrome bleu avec une toute petite esquisse de nuage blanc. N’y cherchez pas un soleil ou un bout de paysage, tout n’est que suggestion voire abstraction.

Installée depuis 10 ans en Lorraine, Isabelle a d’abord travaillé en tant que créatrice de costumes pour le théâtre et le cinéma. En parallèle de cette carrière, elle peint, mais ne montre que très tardivement son travail, très vite remarqué. « Je commence à peine à me considérer comme artiste, même si j’ai toujours eu cette fibre, depuis que mon père me portait sur ses épaules pour peindre, lui-aussi », raconte Isabelle. Après une première exposition en 2015 au TEM, les choses s’accélèrent.

« J’aimerais que chaque visiteur trouve son ciel, celui dans lequel il s’absorbe. »

En résidence à la Cour d’Or à Metz au printemps prochain, les commandes se précisent. Avec un enthousiasme assez rare, elle voit cette nouvelle exposition comme un symbole pour aller plus encore plus haut, ce qu’elle souhaite au public également : « J’aimerais que chaque visiteur trouve son ciel, celui dans lequel il s’absorbe. Mon sentiment est qu’il en existe un pour chacun, tout spécialement. Tout le monde devrait avoir son petit bout de ciel ».

Infos pratiques

Jusqu’au 23 avril 2017, tous les jours de 10 h à 18 h
Abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson
Tarifs de 3 € à 5 €, tél. 03 83 81 10 32
www.abbaye-premontres.com