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Le plus grand des philosophes des Lumières vous invite chez lui. Il a posé ses valises jusqu’au 30 avril à l’Hôtel Abbatial de Lunéville. À travers des lettres, des tableaux, des meubles d’époque, il vous racontera au fil des lieux où il vécut quelle belle aventure fut sa vie.

Lunéville avait promis de faire de son Hô- tel Abbatial une porte d’entrée vers le siècle des Lumières, promesse tenue. Avec l’exposition consacrée à Voltaire, l’ancien presbytère, rénové en 2018, propose un voyage dans le temps comme il s’en est fait la spécialité. Sous le titre Voltaire chez lui, l’exposition permet d’identifier, quand elles existent encore, les traces des lieux où vécut le philosophe, et nous pose sans cesse cette question : Voltaire a-t-il jamais vécu vraiment chez lui ? À l’appui d’une riche iconographie et de nombreux objets d’époque – dont la pierre tombale de Vol- taire, qui sera si proche de celle d’Emilie du Châtelet, située au cœur de l’église Saint Jacques –, cette exposition revient sur les lieux où vécut le philosophe.

De Londres à Genève en passant par Berlin, Vol- taire fut un Européen avant l’heure et s’est retrouvé plusieurs fois sur le sol lorrain, carrefour logique de ses voyages et terre de refuge face au royaume de France. Si Voltaire voyage à Luné- ville en mai 1735, c’est pour échapper à la censure qui sévit en France. L’auteur se plaît au château de Lunéville car l’étiquette y est plus légère qu’à la cour de France. L’ambiance lui semble plus conviviale et il participe à de nombreuses festivités. Mais l’écrivain ne fait pas que s’amuser au château. Il y travaille aussi et fait jouer des pièces. Avec l’exposition Voltaire chez lui, l’Hôtel Abbatial propose au visiteur une immersion dans ce siècle des Lumières pour côtoyer les objets qui ont appartenu – ou auraient pu appartenir – à Voltaire. Du vestibule au salon de musique en passant par le bureau ou le cabinet de curiosités, la présence du philosophe est palpable. Un manteau négligemment posé sur un fauteuil donne l’impression qu’il vient de sortir de la pièce. Si une partie de l’exposition a déjà été exposée au château de Ferney-Vol- taire – où le philosophe passa les vingt dernières années de sa vie – elle est ici enrichie de nombreux meubles, objets, vêtements, livres et œuvres d’art prêtés par des collectionneurs. Pour Jean-Louis Janin-Daviet, chargé de mission aux affaires culturelles et de conservation de l’Hôtel Abbatial. Toutes les facettes de Voltaire sont évoquées, du libertinage à son opposition avec Rousseau ou sa participation à l’Encyclopédie Diderot et même sa passion pour le café… C’est un résumé de sa vie et de son époque ». Au premier étage, une autre exposition, Infiniment petit, infini- ment grand, est un trait d’union entre Gulliver et Micromegas. La première, œuvre de l’anglais Jonathan Swift aurait inspiré la seconde, une des plus personnelles du philosophe français. Les arts de la céramique et de la fonte sont rassemblés pour créer des univers miniatures pleins de charme, avec une des plus belles collections privées d’Europe de dînette, à mi-chemin entre Gulliver et le Petit-Poucet. Quand on vous parle de voyages…

INFOS PRATIQUES :

Espace Muséal de l’Hôtel Abbatial – 1 Place Saint Rémy à Lunéville – 2 € -http://www.luneville.fr
Jusqu’au 30 avril, tous les jours (sauf le mardi)
de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h