Elle fait partie des auteures de littérature jeunesse incontournables en France, avec plus d’une centaine de livres, albums, documentaires ou romans. Christine Naumann-Villemin publie ce mois-ci un nouvel album pour les petits et bientôt une BD pour les ados.

Son monde est fait de petites frimousses, de bonnes joues à croquer, d’enfants timides mais coquins. Ses galeries de portraits affichent des enfants, des adolescents, des parents. En 18 ans de publication, Christine Naumann-Villemin a posé la prose et déroulé le scénario d’une centaine d’histoires, souvent mises en dessin par des illustrateurs. Quand elle tente sa chance au passage des années 2000, elle est orthophoniste et a déjà pris la plume pour inventer des histoires sur-mesure à ses petits patients car, à l’époque, peu de livres évoquent les problèmes traités en cabinet. Son premier titre La tétine de Nina, grand succès auprès de ses patients, tape aussi dans l’œil d’un éditeur. Avec l’illustratrice Marianne Barcilon, c’est le début d’une collaboration de trente albums pour raconter les heurs et malheurs de Nina, d’Elinor qui n’aime pas l’école, de Salomé qui veut une histoire ou d’Eliette, la princesse coquette. Des livres pour enfants qui fuient la mièvrerie, qui jonglent avec l’humour et le second degré.

« Écrire pour les enfants ne doit pas me limiter à des thèmes enfantins, explique Christine Naumann-Villemin. Récemment, je me suis inspirée de thèmes d’actualité, comme l’accueil de l’étranger et ses préjugés et j’ai un projet en cours qui évoque les questions d’identité sexuelle. » Parfois, l’absurde surgit au fil des pages, comme dans Le livre qui n’aimait pas les enfants, histoire de tordre le cou à la réalité du rapport à la lecture. Elle passe d’ailleurs pas mal de temps à intervenir dans les écoles, invitée par les professeurs qui ont travaillé sur ses livres : « C’est un geste militant. Il faut rendre plus léger le rapport à la lecture. Quand j’arrive, les petits sont souvent impressionnés, quand je repars, ils veulent devenir écrivains. »

L’autre face militante de Christine Naumann- Villemin, c’est son féminisme distillé dans ses pages : « Deux héros sur trois de la littérature jeunesse sont des garçons, il fallait un peu rectifier le tir. La plupart des mes personnages sont des héroïnes, et je suis persuadée que les garçons peuvent s’identifier à elles ». Dans Aïe Aïe Aïe, publié ce mois-ci et illustré par Ana Duna, elle évoque le rapport à l’étranger à travers une fable qui met en scène des animaux dans la savane, effrayés par l’arrivée d’un nouvel animal… Dans Esmée, une bande-dessinée attendue en mars, elle s’adresse aux adolescents : « C’est mon deuxième projet BD, une toute autre façon pour moi de travailler, plus structurée, plus découpée, quasi cinématographique. Mais c’est une bonne manière de s’adresser à un public un peu plus âgé ». Esmée évoque le choc des époques avec l’irruption d’une ado du 18e siècle dans un collège actuel.

Quelles que soient leurs formes, avec ou sans dessins, les histoires de Christine Naumann-Villemin continuent de garnir les étagères de nos bibliothèques, le genre de livres qu’on aime ouvrir à l’occasion, pour se plonger en famille dans l’enfance, comme un pied de nez au temps qui passe.

BIO EXPRESS :

1986 : orthophoniste, elle commence à écrire des textes sur-mesure pour ses petits patients.

1995 : devient professeure- documentaliste.

2000 : envoi par la poste de La tétine de Nina accepté par les éditions Kaléidoscope et qui sera traduit en plus de 20 langues.

2020 : sortie, le 13 février, de l’album Aïe Aïe Aïe (Éditions Auzou) et le 19 mars, de la BD Esmée (Éditions Jungle).