Le cirque préféré des Nancéiens revient place Carnot pour y célébrer son 35e anniversaire. Avec un spectacle complètement renouvelé où les animaux ont toute leur place, le cirque
Arlette-Gruss entend défendre la vision d’un cirque familial, populaire et innovant.

De plus en plus rares sont les villes qui accueillent un cirque, sa ménagerie, son village et son plateau logistique en centre-ville. C’est peut-être pour cette raison que Gilbert Gruss, directeur du cirque, se réjouit une nouvelle fois de poser ses valises rouges et blanches à Nancy pour les vacances de la Toussaint : « Il y a une relation particulière avec cette ville, qui est ma préférée de la tournée – avec Bordeaux. L’emplacement est un des plus beaux de France et le public un des plus enthousiastes. » Ce public pour lequel le cirque vibre et vit, ce public auquel Gilbert Gruss tend une oreille attentive pour en connaître les envies et en devancer les coups de cœur. Pour monter le spectacle du 35ème anniversaire, comme à chaque fois, il s’est appuyé sur les bons points de l’an dernier : « Une tournée s’écrit dès la première représentation de la tournée précédente, explique Gilbert Gruss. Ensuite c’est une année de travail pour parvenir à composer un programme équilibré et surprenant et trouver les artistes à la hauteur. »

La tournée des 35 ans prend une saveur particulière, même si le public retrouvera les valeurs sûres qui font la réputation du cirque Gruss. Parmi lesquelles la présence d’animaux, quand celle-ci est parfois remise en cause : « Il y a toujours eu des animaux dans le cirque et nous les considérons comme des membres à part entière de notre troupe, rappelle Gilbert Gruss. Entre les tournées 2018 et 2019, nous avons présenté pendant plusieurs mois un spectacle sans animaux. Nous avons réalisé une étude auprès de nos visiteurs. Les résultats sont parlants : sur près de 5 000 réponses, la moitié demande plus d’animaux, 46 % placent en tête des numéros préférés ceux avec des animaux et seulement 2 % demandent leur disparition. »

Pour la nouvelle tournée donc, les lionnes sont de retour même si les éléphants sont absents. Un numéro surprise met en scène des rats et des ragondins dans un univers qui rappelle celui du dessin animé Ratatouille et où les animaux évoluent en totale autonomie sur la piste. Côté sensations, un retour attendu, celui de l’impressionnante cage de métal en forme de boule qui voit évoluer en son sein huit motards colombiens défiant la gravité. La poésie n’est pas en reste avec les chevaux dirigés par la fille et la femme de Gilbert Gruss, tandis que les deux petits derniers de la famille, Alexis et Eros, impulsent l’ouverture du bal dans le premier numéro. « L’idée est de trouver toujours des numéros qui surprennent et qui révolutionnent leur domaine comme faire voler des drones ou danser des LED. »

Pour accueillir le nouveau spectacle, le cirque Arlette-Gruss a de nouveau sorti les grands moyens. L’an dernier, l’innovation consistait en un chapiteau dépourvu de mâts pour une meilleure visibilité. Cette technologie équipe désormais l’ancien chapiteau, la mythique cathédrale, et offre un immense espace sous ses 8 tonnes de toiles accrochées à plus de trente mètres de haut. Le cirque Gruss est le seul cirque au monde à proposer cette technologie en tournée, prouvant au passage que l’esprit de famille et la tradition font bon ménage avec l’innovation et l’envie de surprendre.

Trois questions à …

Georgika Kobann, co-fondateur du cirque Arlette Gruss et ancien dompteur

« Les animaux sont dans l’ADN du cirque »

Comment réagissez-vous quand certains remettent en cause la présence des animaux dans les cirques ?

On prête de plus en plus d’attention aux militants anti-animaux – qui sont pourtant une minorité – et je le regrette. Je vais souvent discuter avec eux pour essayer de comprendre leur démarche et je constate à chaque fois leur méconnaissance des conditions dans lesquelles nous nous occupons de nos animaux. Certains s’attaquent même à Zingaro ou à Alexis Gruss qui sont reconnus pour leur amour et le respect de leurs chevaux. Une jeune femme m’a même dit qu’elle ne mangeait pas d’œufs à cause des poussins à l’intérieur. C’est n’importe quoi !

Quelle place occupent les animaux au sein de votre cirque ?

Ce sont des artistes à part entière. La plupart sont nés chez nous, ils font partie de la famille. Les premiers sous que nous avons gagnés avec Arlette n’ont pas servi à nous acheter une nouvelle caravane mais des terrains pour nos animaux. Quand ils ne sont pas sur la piste ou quand ils sont trop vieux ils bénéficient de grands espaces et de calme en pleine nature dans la Sarthe. Ils nous ont beaucoup donné et aucun animal ne part à l’abattoir. J’ai là-bas une panthère de 24 ans, un cheval de 30 ans, des vieux dromadaires… Leur bien-être est notre priorité.

Tous les cirques n’en font pas autant ?

Il y a des bons et des mauvais partout et comme dans toutes les professions il y a des brebis galeuses. Pour ceux qui traitent mal leurs animaux il ne faut pas faire de quartier et on arrive à les éliminer. Encore une fois, il ne faut pas généraliser. Les gens qui viennent au cirque veulent voir des animaux – 50 % des gens qui ont répondu à notre sondage voudrait même qu’il y en ai plus – mais ils veulent surtout voir des animaux bien traités et respectés. C’est ce que nous faisons au quotidien.

DERRIÈRE LA MAGIE DE LA PISTE, IL Y A…

Une belle histoire de famille

Fondée en 1985 par Georgika Kobann et sa femme Arlette Gruss, le cirque qui porte son nom continue de faire abattre le cœur de la famille. Leur fils Gilbert – ancien trapéziste – tient aujourd’hui les rênes de l’un des cirques les plus réputé d’Europe. Sur la piste ses enfants, Kevin, Laura-Maria, Eros et Alexis assurent la relève. Six générations se sont succédées sous le chapiteau.

Une logistique impressionnante 

Autour du noyau dur de la famille Gruss, c’est presque un petit village qui se déplace au rythme des tournées sur les routes de France. 120 salariés de 14 nationalités différentes, 2 soigneurs par espèce et un responsable animalier, 48 camions, une école pour les enfants de l’équipe de la petite section au CM2… Deux jours entiers sont nécessaires à l’installation de ce village.

Des artistes aussi en coulisses

Lumière, musique, costumes… contribuent à la magie du spectacle. Dans les années 80 Gilbert Gruss persuade sa mère d’installer un véritable orchestre pour rythmer les représentations. Aujourd’hui, le cirque est le seul à jouer de la musique live composée pour chaque spectacle. Côté costumes, pas question de recycler les anciennes tenues. Depuis 20 ans, Roberto Rosello dessine et réalise plus de 70 tenues pour les artistes en relation avec le thème de l’année. Et pour éclairer tout ça, le cirque utilise les mêmes moyens que les grands concerts.

INFOS PRATIQUES : 

 Du 17 octobre au 3 novembre 2019

Place Carnot – Nancy

http://www.cirque-gruss.com