© Fabrice Vallon

Sa mère a fondé le cirque qui porte son nom. Ses enfants sont aujourd’hui sur la piste.
Ancien trapéziste, aujourd’hui chef d’entreprise et grand ordonnateur, Gilbert Gruss est aussi discret qu’incontournable sous l’immense chapiteau qui se posera sur la place Carnot du 20 octobre au 4 novembre prochains.

En bordure de piste, Gilbert Gruss assiste aux débuts dans le métier de la sixième génération de Gruss : Éros, 12 ans, et Alexis, 8 ans, font un numéro d’icarisme comme on l’appelle dans le métier. Des acrobaties portées, impeccablement exécutées par les deux plus jeunes enfants du directeur du cirque. « Ce n’est pas forcément facile pour eux, explique Gilbert Gruss, d’être les héritiers de notre famille. Ils se mettent la pression et n’ont pas droit à un traitement de faveur. Même s’ils s’appellent Gruss, ils n’ont pas de passe-droit et travaillent depuis quatre ans pour que ce numéro soit validé »

Pour commencer dans le métier, le fils cadet de la célèbre Arlette Gruss, fondatrice en 1985 du cirque Gruss, a du aussi faire ses preuves. Son truc à lui à l’époque, c’est le trapèze. Une spécialité qu’il a choisie après avoir essayé le cheval, le clown, et même été dompteur comme ses parents. « À 14 ans, on m’a présenté sur la piste comme le plus jeune dompteur du monde ! Mais en réalité, je mourrais de peur à chaque représentation. J’ai finalement opté pour le trapèze. »

Une succession… en douceur

Aux débuts du cirque Gruss dans les années 80, la famille dispose de peu de moyens. Gilbert s’occupe souvent des lumières et de la musique. C’est lui qui pendant des années va tenter de convaincre sa mère d’installer un véritable orchestre de musiciens pour animer les représentation. Depuis 1990, c’est chose faite. Aujourd’hui le cirque Gruss est le seul à jouer de la musique live.

En vingt ans, le cirque Gruss se hisse au sommet de la hiérarchie des cirques en France. À la mort d’Arlette Gruss, Gilbert qui n’a jamais vraiment pensé prendre la succession de sa mère se retrouve au pied du mur : « J’aimais plutôt voyager pour aller dénicher les talents, coordonner les numéros pour écrire des spectacles chaque année renouvelés. Mais à la mort de Maman, je me suis rendu compte qu’elle avait tout planifié en secret pour que je prenne sa relève. C’est comme ça que je me suis retrouvé à la tête du cirque. »

un chapiteau à 360°

Il poursuit depuis l’œuvre de sa mère, avec toujours la même ambition de faire du cirque un grand spectacle. La marque de fabrique des Gruss, c’est le mélange des genres sur la piste avec cet équilibre entre numéros traditionnels et ultra-modernes. Faire cohabiter des trapèzes volants et des drones, des motos trials et des clowns. La signature extérieure des Gruss, c’est leur chapiteau. La Cathédrale voit le jour en 2009. Avec ses 1 500 places assises, cette enceinte bat tous les records. Presque dix ans plus tard, Gilbert Gruss est fier de présenter le nouveau chapiteau qu’il a imaginé, « Le Privilège est une vraie salle de spectacle avec une visibilité parfaite à 360°, sans mâts intérieurs pour que tout le monde en prenne plein les yeux ! ».

Depuis quelques années, le long fleuve tranquille de la vie du cirque Gruss n’échappe pas à la polémique sur les numéros faisant intervenir de animaux. Pour Gilbert Gruss, « les animaux sont nos artistes à quatre pattes. Ils font partie de la troupe à part entière, on ne les dresse pas, on les éduque. Sur chacun des emplacements de notre tournée, nous mettons tout en œuvre pour leur confort et le reste de l’année ils sont en totale liberté dans notre domaine de 25 ha dans la Sarthe. Nous fêtons chaque naissance, nous sommes une famille, je n’imagine pas un cirque sans animaux. » Pour l’instant, le cirque Gruss n’a pas été confronté à un refus d’une mairie sur sa tournée 2018, baptisée cette année Osons le cirque. Comme une affirmation de soutien pour cet art populaire qui fête aujourd’hui ses 250 ans.

À propos de ses enfants,…

« Ce n’est pas facile d’être les héritiers de notre famille. Même s’ils s’appellent Gruss, ils n’ont pas de passe-droit et travaillent depuis quatre ans pour que leur numéro soit validé »

Bio express : 

1961

1er février, naissance à Reims, ville où, hasard de la tournée, sont aussi nés ses deux petits enfants.

1967

Première fois sur la piste du Grand cirque de France, au milieu de 200 figurants dans un numéro sur Ben Hur.

1975

Plus jeune dompteur du monde avec les panthères de son père, Georgyka Kobann

1985

Création du cirque Arlette Gruss. 650 artistes se sont depuis succédés sous le chapiteau

2009

Première installation de la Cathédrale, plus grand chapiteau du monde. 22 m de haut, 1 500 places.

2018

Arrivée sur la piste de la sixième génération Gruss sous un nouveau chapiteau de 1750 places.

INFOS PRATIQUES :

Du 20 octobre au 4 novembre

Place Carnot à Nancy

http://www.cirque-gruss.com