© Pascalito
Son atterrissage sur les planches ressemble à un bel envol. En seulement un an et demi, l’ancien steward est passé des cabines d’avion aux plus grandes scènes françaises. En évoquant son Nord natal, sa mère, son histoire et ses travers avec tendresse, le ch’ti fait mouche auprès du public.

Des longs-courriers sur Air France aux scènes de théâtre, en 2 ans votre vie a complètement changé, que s’est-il passé ?

Un crash d’avion et je suis tombé dans le coma… Mais non (rires), rien de grave au contraire ! Faire rire les gens c’est un peu une habitude chez moi. Gamin j’étais assez extraverti. Plus tard, dans l’avion je faisais marrer les passagers avec mon accent ch’timi et mes anecdotes de vols. J’ai été steward pendant 18 ans sur Air France et j’ai adoré ça ! L’avion, pour moi, c’était déjà du théâtre ; on est en représentation, il y a un rideau, des coulisses un peu mystérieuses… Un jour une copine hôtesse m’a inscrit à mon insu au Printemps du Rire de Toulouse en 2014. Je suis arrivé en finale devant 800 personnes, je n’en revenais pas !

Pourquoi avoir fait le grand saut et rangé votre uniforme de steward ?

Je me suis dit que je ne pouvais pas faire ça en dilettante. J’ai posé deux ans de congé sabbatique pour lancer le spectacle et voir si je pouvais en vivre. Il y a eu des moments de galère, des loyers impayés. J’ai parfois joué devant 5 personnes et accepté pas mal de foires au saucisson et autres joyeusetés pour m’en sortir. Je viens du Nord mais c’est dans le Sud que je me suis fait remarquer : au Festival d’Avignon où j’ai été repéré par une collaboratrice de Laurent Ruquier.

Je vois ma mère une journée, j’ai un sketch !

Tout est allé très vite ensuite, vous avez eu de la chance ?

De la chance pas vraiment… je suis arrivé à Paris au lendemain des attentats. L’ambiance était pesante et les salles vides. J’ai été soutenu par mes copains d’Air France qui croyaient en moi et un jour Laurent Ruquier m’a contacté pour me proposer de faire un essai aux Grosses Têtes. Il pensait que mon humour correspondait à l’émission. Depuis, tout s’est accéléré.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mon truc c’est l’autodérision. Je raconte mon enfance à Maubeuge, mon coming-out et la réaction de mes parents qui ont dû « assumer » deux Marie-Toutoule – c’est comme ça qu’on dit chez nous ! – mes aventures en escales ou en vol, la chirurgie esthétique… Et puis il y a ma mère. C’est ma muse, je la vois une journée et j’ai un sketch ! Avec moi elle est habillée pour l’hiver mais elle adore ça…

Avec votre accent du Nord, on ne vous compare pas trop souvent à Dany Boon ?

Pas vraiment car à part l’accent, on n’est pas sur le même créneau. On ne fait pas rire avec les mêmes sujets et puis bon, quand même, il a 25 ans de carrière, des one-man, des films… j’en suis loin ! Mais quand il m’a fait faire une apparition dans son dernier film, j’étais fier. J’ai eu l’impression d’être adoubé.

Vous prolongez votre tournée et vos dates parisiennes, avez-vous d’autres projets en cours ?

J’ai pas mal de projets dont je ne peux pas encore parler. On m’a même proposé d’écrire un livre. C’est dingue, il y a un an et demi on ne me connaissait pas et là je fais de la radio, de la scène, du cinéma. J’ai 44 ans et mon objectif est de construire pour que l’histoire continue et que le décollage express se transforme en aventure au long cours.

INFOS PRATIQUES :

Mardi 22 mai à 20 h

Salle de L’Arsenal à Toul

Tarifs : 29,50 € à 39,50 €

Tel. 03 83 19 15 15

Date supplémentaire, le samedi 19 janvier 2019

à l’Espace Chaudeau à Ludres