Bertrand Munier
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par Bertrand Munier, journaliste-écrivain

Le festival « Geo Condé », fête ses 10 ans d’existence sur le bassin de
Pompey. Heureuse coïncidence pour partir à la rencontre du fabuleux artiste
meurthe-et-mosellan Georges Condé, qui articula sa vie autour de la peinture et des pantins à fil puis à gaine.

Né le 25 juin 1891 à Frouard au sein d’une fratrie de quatre enfants, Georges Condé appelé amicalement « Geo », va se fondre dans l’univers artistique nancéien, qui plus est lorrain, sans connaître vraiment tant de son vivant qu’au-delà de sa disparition, une notoriété méritée. Sa modestie, son parcours atypique ou la faute à une sédentarisation importante, le conduiront peut-être hors du champ des puissants projecteurs culturels. Bien que bercé très tôt dans les arcanes commerçantes de ses parents, il n’a cure de cette activité professionnelle, ni des engagements politiques de son père Paul, maire de Frouard, conseiller général de Meurthe-et-Moselle.
Ses rêves d’évasion sont ailleurs ! En 1905, il est transporté d’émerveillement par un spectacle de marionnettes. Ce sont les prémices d’une grande aventure avec ces pantins à fil puis à gaine. Mais au préalable, il s’adonne à la peinture. Cette idée est vite rejetée par ses parents qui l’inscrivent à l’école d’architecture de Bruxelles. Cette pseudo vocation est également rapidement annihilée par l’intéressé, d’autant plus qu’il est appelé sous les drapeaux (1912), suivit de la Grande Guerre durant laquelle il devient pilote d’aviation. Au cours de celle-ci, il épouse sa cousine Marguerite Baudot qui lui donne deux enfants, Bruno et Marie-Josée. Un fils qui est lié à Nancy tant au musée de zoologie qu’à l’aquarium tropical dont il est le fondateur aux côtés de Denis Terver. Naturaliste, professeur de zoologie approfondie à la faculté des sciences de Nancy, spécialiste (au niveau mondial) des campodéidés, Bruno Condé voua également une passion dévorante au « chat sauvage européen ». Après avoir quitté l’armée (1919), « Geo » Condé intègre l’École des Beaux-arts de Nancy où il est l’élève et bientôt l’ami de Victor Prouvé. Alors commence-t-il à peindre et à exposer avec succès, parallèlement à son entrée à la faïencerie lunévilloise d’Edouard Fenal. Dans un premier temps modéliste puis directeur artistique, il imprime sa marque Art Déco sur toute la production, tout en excellant dans le décor à l’oiseau. Là aussi, son intense activité créatrice demeure longtemps méconnue !

Plusieurs générations de Nancéiens assistent à ses spectacles

 À partir de 1934, sous l’impulsion du père Jésuite Pierre Brandicourt, « Geo » Condé se passionne pour les marionnettes. Plusieurs générations de Nancéiens assistent à ses spectacles qui ont lieu d’abord Cours Léopold à Nancy au groupe des étudiants catholiques, puis indépendamment dans toute la Lorraine et bien au-delà. Malgré d’excellentes critiques, il donne à des amis plus qu’il ne vend. Longtemps domicilié à Nancy, il quitte cette ville pour venir se fixer à dans l’ancien relais de Poste communal de Velaine-en-Haye. Loin des lumières zénithales, cet homme passionné par la métamorphose de la matière, part en toute discrétion le
3 juin 1980. Aujourd’hui, son nom est souvent associé à son petit-fils Gérard (enfant puîné de Bruno), compositeur et musicographe de renom.

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