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Par Vianney Huguenot, Journaliste-chroniqueur

Vianney Huguenot, journaliste-chroniqueur et amoureux de la Lorraine

J’erre de temps en temps du côté du parc Olry, près de la maternité Adolphe-Pinard, là où ma mère, un matin tôt (5 heures, quand même !), accoucha de celui qui vous cause. Le raffinement de cette balade, et de nombreuses autres à Nancy, je le dois en partie au docteur Coué, l’autre grand Émile nancéien.

Bien sûr, il y a le génial Émile Gallé, qu’on ne présente plus. Un autre Émile, né à Troyes mais quand même très Nancéien, a été vite rangé dans les oubliettes : Émile Coué. Difficile de résumer en quelques mots la célèbre méthode du psychologue, « père de la pensée positive », venu s’installer à Nancy en 1910 et aujourd’hui connu dans le monde entier. Pour dire les choses rapidement – je m’en excuse auprès des experts – la méthode Coué permet d’agir sur notre subconscient, « par la répétition de suggestions, d’affirmations positives ou de visualisations ; il s’agit d’influencer l’imagination », résume un des connaisseurs du bon docteur. Avec Coué sur le porte-bagages, vous pouvez donc vous offrir une promenade à double détente : vous emmagasinez ce que vous voyez, touchez, sentez, entendez, plus ce que vous rêvez, tout ce que votre cerveau pêche dans votre imaginaire joyeux. C’est le double effet Nancy ! Et c’est délicieux.

Nancy, c’est l’Italie, la place du Tertre et Honfleur réunis

Prenez la salle Poirel, sublime théâtre à l’italienne en cœur de ville, si près du splendide Excelsior (où les huîtres mériteraient au moins le Mérite agricole). Que suis-je, que vois-je quand je regarde Poirel en consultant Coué ? « Je vais de mieux en mieux », aurait dit Émile. Je revois Reggiani, je révise, je revisite, je revisionne le Nancy des années quatre-vingt. Serge Reggiani à la salle Poirel, une merveille. L’une des étapes de sa « tournée d’adieux » avec une fabuleuse fin du concert, quand il salue le public, sa main dans la main de sa souffleuse, celle qui l’a assisté, assise près du piano, lui soufflant les paroles. La mémoire flanchait mais le talent brillait toujours. Prenez maintenant le parc Sainte-Marie, l’un des nombreux et ravissants espaces de verdure à Nancy. On y flâne, on fait la cour, la course, la courte échelle si vous voulez. Et puis, un instant d’imagination plus tard, tout arrive, comme une deuxième vague qui nous chatouille la bouille et nous réveille la cervelle.

Arrive le Nancy des génies, de l’Exposition internationale (qui se déroulait en 1909 dans ce parc et dont il reste le pavillon alsacien), des génies de la chimie, de l’imprimerie, de la brasserie, de la verrerie… Comment oublier, après avoir promené Émile dans le parc, la beauté et la grandeur éternelles de la France, et l’apport de Nancy à celles-ci. À ce stade, je sais, quelques lecteurs se grattent mécaniquement la tempe droite et se disent : « mais il est dingue ce mec ». Je vais tenter de vous prouver que ce n’est pas tout à fait le cas. Je vous garde donc quelques instants encore et je vous emmène rue de la Primatiale, place Saint-Epvre et sur le port. En fait, non, je vous laisse tester vous mêmes. Vous verrez que Nancy, c’est l’Italie, la place du Tertre et Honfleur réunis.

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