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(AFP) – La Semaine de la mode new-yorkaise a beau être plombée par une série de défections, elle a connu quelques moments forts vendredi, avec une apparition exceptionnelle de la marque italienne Bottega Veneta, l’annonce par Carolina Herrera qu’elle passait la main, et un défilé tout entier consacré au mouvement #MeToo.

Résumé.

– Bottega Veneta investit l’American Stock Exchange

Le groupe de luxe italien (groupe Kering), qui montre habituellement ses collections à Milan, avait vu les choses en grand pour cet unique défilé new-yorkais, destiné à célébrer l’ouverture de son nouveau magasin de l’Upper East Side, son plus grand magasin au monde avec 1.400 m2 sur cinq étages sur la très chic Madison Avenue.

Il avait investi l’espace immense de l’American Stock Exchange, bâtiment emblématique de la capitale financière américaine, au style néo-classique enrichi d’une touche d’art déco ajoutée en 1930, mais déserté par les traders depuis 2009.

Le défilé, comme le magasin, était là pour rappeler toute la douceur des intérieurs sophistiqués italiens, avec vrai feu de cheminée, salon, salle à manger, bureau, histoire de rappeler que son créateur Tomas Maier fait aussi des meubles, pas seulement de la maroquinerie et du prêt-à-porter.

Des vedettes comme Gigi Hadid et Kaia Gerber faisaient partie d’une armée de 66 mannequins qui ont circulé dans cet immense décor, avec au premier rang des actrices en vue comme Julianne Moore ou Priyanka Chopra.

Parmi les tenues du jour: des combinaisons style pyjamas en soie, très fluides, aux couleurs rose, rouge, violette, portés sous des maneaux ou de longs pulls d’hiver. Des vestes, pantalons et pulls composés de grands carrés de couleurs variées, comme des tenues plus classiques, à l’élégance européenne, avec presque toujours un sac ou une pochette de cuir à la main, qui ont fait la réputation de la marque.

Tout ça pour un magasin? Malgré la montée du commerce en ligne, les magasins en dur restent éminemment pertinents, a indiqué à l’AFP Claus-Dietrich Lahrs, pdg de Bottega Veneta et ancien de chez Hugo Boss.

« Dans le luxe, les clients ont envie d’être reconnus personnellement », dit-il. « Ils viennent peut-être un peu moins souvent qu’auparavant, parce qu’ils ont déjà appris beaucoup par le digital », mais « ils viennent pour concrétiser l’acte ».

– Carolina Herrera tire sa révérence

Grande figure de la mode new-yorkaise, la designer d’origine vénézuélienne a annoncé qu’elle allait céder, à 79 ans, la direction de la création de sa maison au designer américain Wes Gordon, 31 ans.

« Ne dites pas que je prends ma retraite », a expliqué la couturière au New York Times, précisant qu’elle aurait désormais le titre d’ambassadrice monde de la marque qui porte son nom.

Habituée de la jet-set et des nuits new-yorkaises durant les années 70, elle avait lancé sa marque en 1981, attirant d’entrée des célébrités. Elle a développé un style intemporel, coloré, joyeux, bpatissant un groupe au chiffre d’affaires annuel dépassant le milliard de dollars.

– Un pop-up contre la contrefaçon

Si les défilés se raréfient, les boutiques éphémères « pop-up » se multiplient. Le fondateur de Diesel, Renzo Rosso, a ajouté sa pierre avec l’anticonformisme qui l’a rendu célèbre: il a présenté à Chinatown, temple de la contrefaçon, une échoppe baptisée « Deisel », qui vend pour quelques jours de vrais/faux jeans et sweat-shirts estampillés « Deisel » mais…conçus par Diesel.

« Il y a tant de produits de contrefaçon dans le monde », a déclaré à l’AFP M. Rosso. « Je me suis dit, +Pourquoi ne pas jouer avec ce problème que nous avons?+ »

– Oeillets roses et Georgia O’Keeffe

Tory Burch, la très chic créatrice et femme d’affaires new-yorkaise, avait fait dans l’optimisme et le romantique, avec un podium recouvert de près de 14.000 oeillets roses, et en fond sonore du Vivaldi joué par le Chamber Orchestra de New York.

La maison Kate Spade a elle présenté une collection rappellant les grands espaces du Midwest américain, avec des imprimés de chevaux, du jean, des grandes jupes en cuir ou de hautes bottes. A l’ère du #MeToo, la marque a salué l’influence de l’artiste américaine Georgia O’Keeffe, connue pour son indépendance et un style vestimentaire en rupture avec les codes de son époque.

-Défilé-témoignage pour le #MeToo

Le #MeToo était au coeur du show concocté par la Française Myriam Chalek, qui s’est fait connaître en organisant des défilés pour des personnes de petite taille ou des mal-voyants.

Elle a fait défiler vendredi huit jeunes femmes, toutes victimes un jour de harcèlement ou d’agressions sexuelles, qui ont profité de l’occasion pour raconter leur histoire en quelques minutes, la voix parfois étranglée.

source AFP-Relaxnews