© Jewel SAMAD / AFP

(AFP) – Une échoppe étroite avec des rangées de sweat-shirts sur des cintres en hauteur, des cartons de pulls et de T-shirts en vrac dans des cartons, et des clients qui se bousculent parmi ces vêtements estampillés « Deisel »: bienvenue à Chinatown, royaume new-yorkais de la contrefaçon.

Sauf que, cette fois, les vêtements « Deisel » que s’arrachent les clients ont été conçus par la vraie marque Diesel, à l’initiative de son fondateur Renzo Rosso qui entend ainsi attirer l’attention sur le phénomène de la contrefaçon.

Son magasin éphémère au coin de Broadway et Canal Street a ouvert discrètement la semaine dernière et des centaines de personnes y ont déjà fait des emplettes, sans savoir que la fausse marque Deisel était une invention de la vraie.

La supercherie a été officialisée vendredi et des dizaines de passants attendaient de pouvoir pénétrer dans la petite boutique pleine à craquer, afin d’acheter ces vrais/faux Diesel, à 60 dollars le sweat à capuche ou 70 dollars le jean’s.

« Il y a tant de produits de contrefaçon dans le monde », a déclaré à l’AFP M. Rosso, présent pour l’occasion, en compagnie du rappeur Gucci Mane. « Je me suis dit, +Pourquoi ne pas jouer avec ce problème que nous avons?+ »

« Alors nous avons créé de faux produits avec un faux nom et nous nous sommes installés dans le quartier de la contrefaçon » qu’est Chinatown, où faux sacs Louis Vuitton et fausses montres Rolex se vendent à gogo.

« Les gens entrent en pensant que c’est du faux. Quand ils découvrent que ce n’est pas du faux, ils peuvent le revendre trois ou quatre fois plus cher! » a dit, jovial, l’entrepreneur italien de 62 ans, dont l’esprit anticonformiste a beaucoup contribué au succès de Diesel, qu’il a co-fondé en 1978.

Il raconte que l’idée de « jouer » avec la contrefaçon lui est venue l’été dernier en flânant sur un marché de Bodrum, en Turquie, où l’on vendait de faux T-shirts Diesel, qu’il a pu essayer sous l’oeil bienveillant d’un vendeur qui ignorait tout de son identité.

A combien Rosso évalue-t-il le manque à gagner subi par son groupe du fait de la contrefaçon? « Je ne sais pas », mais plus d’un million de pièces » de faux Diesel sont vendues chaque année, a-t-il relevé.

A voir la file d’attente devant la boutique, son coup a réussi. Elle doit fermer lundi, voire plus tôt en cas de rupture de stocks.

source AFP-Relaxnews