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(AFP) – La France est la championne d’Europe pour les achats des produits du quotidien en ligne, notamment grâce au « drive », un modèle de distribution créé dans l’hexagone, selon une étude de l’institut Nielsen.

« Autour du globe, on estime ainsi que d’ici 2022, le marché +online+ des produits de grande consommation (PGC) représentera 400 milliards de dollars », affirme Nielsen.

La France est loin du leader mondial, la Corée du Sud, où quelque 20% des achats de PGC se font déjà en ligne, et de la Chine (18%), mais avec une proportion de 7,1%, elle se place devant les Etats-Unis et Taïwan (5,6%) et, en Europe, devant le Royaume-Uni (6,3%) et surtout l’Allemagne (1,4%).

Mais, quand outre-Manche ce circuit de distribution est essentiellement couplé à la livraison à domicile, en France, les consommateurs achètent leurs produits alimentaires essentiellement (81%) via le « drive ».

Le « drive » consiste à commander sur internet ses courses et les récupérer quelques heures plus tard, directement dans le coffre de sa voiture: un modèle essentiellement prisé par les familles, les ruraux, et les foyers aux revenus modestes, selon Nielsen.

– Leclerc en force sur le « drive » –
Le classement des produits « stars » vendus en drive fait donc la part belle à ceux destinés aux familles: couches, alimentation infantile, produits de beauté pour bébé, packs d’eau… mais aussi aliments pour animaux.

Ce modèle original, créé en France et « moqué au départ, est désormais copié ailleurs », explique Marc Lolivier, délégué général de Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

A l’inverse, la livraison à domicile est privilégiée par les mono-foyers et les couples, les Parisiens et les personnes possédant un niveau de vie plus aisé.

Conséquence: « le marché français des ventes de PGC sur internet est aujourd’hui largement dominé par les enseignes de la grande distribution », note Nielsen. Sur le segment « drive », c’est Leclerc qui fait la course en tête (plus de 40% de parts de marché), suivi de Carrefour et Auchan, à égalité (12,5% environ).

Le parc des « drives » en France est important avec 5.113 sites recensés à début mai 2019, soit plus que les magasins discount, avec un chiffre d’affaires en croissance de 6,6% en 2018.

Pour Daniel Ducrocq, directeur services/distribution chez Nielsen, « 69% des drives enregistrent plus de 2% de croissance en moyenne », une bonne santé qui s’explique notamment par le fait qu’en 2018, « le drive est parti à l’assaut des magasins de proximité », format le plus porteur actuellement dans la grande distribution.

Ainsi, « 74% des magasins accueillant un nouveau point de retrait de type +drive+ ont une surface de moins de 1.000 m2 », explique-t-il.

– explosion du « drive piéton » –
Avec 42% seulement des magasins français équipés de ce service, il existe donc un « fort potentiel de développement », notamment sur les petites surfaces, d’autant plus que l’offre est encore incomplète, comptant peu de produits frais.

Les grandes enseignes ne s’y sont pas trompées et ont donné comme priorité à leurs équipes de développer le e-commerce alimentaire: Carrefour s’est ainsi fixé comme objectif d’atteindre les 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur ce créneau d’ici 2022.

Selon M. Lolivier, si « les ventes de PGC +online+ tirent très bien leur épingle du jeu », c’est que les acteurs de la grande distribution se débattent avec des formats vieillissants – les hypermarchés – et des consommateurs qui papillonnent de plus en plus entre commerces spécialisés, marchés, circuits alternatifs…

D’où la dernière innovation en date pour contrer cette spirale négative: le drive « piéton », qui permet de récupérer gratuitement ses courses commandées sur internet dans un magasin de centre-ville au prix d’un hypermarché.

En quelques mois, ce sont plus d’une centaine qui se sont développés en France, Carrefour en tête, même si, estime M. Ducrocq, « leur notoriété est encore faible et que ça reste un phénomène très parisien ».

source AFP-Relaxnews