© Courtesy of Patrick Roger

(Relaxnews) – On savait que le Meilleur Ouvrier de France chocolatier avait sorti son premier vin à l’automne 2017. Patrick Roger a depuis développé les facettes de la syrah, unique cépage qui compose sa collection bachique, de son domaine roussillonnais. 

Patrick Roger n’est pas un consommateur de vin, dixit l’intéressé. Pourtant, défenseur de la nature, c’est bien elle qui l’a poussé à devenir un disciple de Bacchus. En 2011, le chocolatier a racheté plusieurs vergers dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales pour produire ses propres amandes (que l’on peut déguster enrobées d’une fine couche de chocolat, disponibles dans les boutiques du chef).

Au sein de ces 45 hectares, quelques pieds de vigne ont su résister au temps. Impossible pour le sculpteur-chocolatier de les arracher, comme l’impose la loi. Et si l’on produisait un vin monocépage ? La tâche est confiée à une vigneronne, Aliette Bourg, travaillant en agriculture biologique, à Caudiès-de-Fenouillèdes. Cinq hectares de vignes reprennent goût à la vie et Patrick Roger prend partie de dessiner un vin à son image avec le millésime 2016. Baptisé « L’Instant », le fruit est vinifié et élevé dans des amphores neuves pour garder la trame originelle de la syrah. Le premier vin de Patrick Roger est né, et s’identifie en IGP Côtes Catalanes. 

L’histoire s’écrit avec une deuxième cuvée intitulée « L’Instinct ». Aliette Bourg propose une nouvelle lecture de cette syrah 2016, avec un élevage à deux tiers en barrique vosgienne et un tiers en cuve inox. Si le duo précise bien que les vins n’ont pas été conçus dans l’optique de proposer un accord avec les chocolats de Patrick Roger, les notes fondues de cacao de ce rouge tendre à l’attaque puissante incitent fortement à croquer dans une spécialité au chocolat noir du chef. Le chocolatier-sculpteur clôt l’année 2016 avec une troisième et dernière cuvée, qui oeuvre davantage dans une démonstration du savoir-faire vigneron avec un nectar entièrement élevé en barrique. Le vin révèle dans ce cas des arômes boisés et toastés, avec une bouche veloutée. Son potentiel de garde est de dix années. 

Patrick Roger et Aliette Bourg ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils ont planté au printemps 2018 près de deux hectares de grenache gris et de grenache noir à Trouillas, tout près du Mas Deu où sont nés les vins doux naturels. Seule la nature dictera la façon de conduire cette nouvelle récolte. Le chocolatier pourrait bien réaliser son propre alcool de mutage pour élaborer une cuvée de vin doux naturel, à l’image des voisins de Banyuls ou Maury, dont on connaît l’alliance parfaite avec les desserts chocolatés. 

Les vins de Patrick Roger sont disponibles dans ses boutiques au prix de 69 euros pour « L’Instant », 30 euros pour « L’Instinct » et 49 euros pour « L’Indécence ». 

source AFP-Relaxnews