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(AFP) – L’aéroport d’Orly, né en 1918 à 10 km au sud de Paris, entame une nouvelle vie avec l’ouverture d’Orly 3, le nouveau bâtiment reliant les ex-aérogares Sud et Ouest destiné à accompagner la croissance en flèche du nombre de passagers drainés par les low-cost qui l’ont sauvé du déclin.

Le bâtiment de jonction sera inauguré jeudi par le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Transports Elisabeth Borne, en pleine polémique sur la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), le gestionnaire d’Orly, de Charles de Gaulle et du Bourget.

Le premier vol au départ d’Orly 3 a décollé mardi à destination de Séville.

La nouvelle construction de 250 mètres de long et d’une superficie de 80.000 m2 a réorganisé Orly en un seul terminal et quatre halls d’embarquement (1, 2, 3, et 4) contre deux terminaux -Orly Sud et Orly Ouest- et six salles d’embarquement jusqu’ici.

Sa capacité d’accueil est de 8 millions de passagers par an. Il doit apporter, selon ADP, davantage de flexibilité pour adapter l’aéroport à la croissance continue du trafic (estimée à 2,6% par an entre 2021 et 2025 pour les plateformes franciliennes).

« C’est une page qui se tourne », commente Frédéric Beniada, journaliste aéronautique à France Info et auteur d’un livre sur l’aéroport du sud de Paris.

D’abord utilisé comme champ d’entraînement par les pionniers de l’aviation, les Américains y installeront leur base à la fin de la guerre de 1914-1918. Pendant la Seconde Guerre Mondiale les Allemands y créeront des pistes et y construiront les premiers hangars.

Après la guerre, le trafic s’y développera progressivement parallèlement à celui de l’aéroport du Bourget et c’est sous l’impulsion du Général de Gaulle que sera lancée la construction de l’aérodrome Sud, dessiné par l’architecte Henri Vicariot et inauguré en 1961. Orly-Ouest ouvrira 10 ans plus tard.

– Lieu de vie au début des années 60 –
Au début des années 60, l’aéroport devient un lieu de vie. « C’est le lieu le plus visité de France. On vient sur les terrasses pour voir les avions se poser. Il y a même une salle de cinéma », raconte Frédéric Beniada.

Près de 60 ans plus tard, l’aéroport a accueilli en 2018, 33,1 millions de passagers (+3,8%).

Le centenaire a pourtant connu des moments difficiles quand il perd une partie de son activité au profit de Charles de Gaulle, ouvert en 1974.

« A la fin des années 1990, le trafic diminue, le charme d’Orly est rompu », explique Frédéric Beniada. C’est finalement l’arrivée des low-cost qui le sauvera.

Aujourd’hui les compagnies à bas coût y représentent 40% de parts de trafic contre 23% en 2010 et le trafic international long-courrier ne cesse de croître avec des liaisons avec la Chine, New-York et les départements et collectivités d’outre-mer.

Le groupe Air France est le premier client d’Orly avec sa navette court-courrier et sa low-cost Transavia. La low-cost easyJet arrive en deuxième position.

Avec 9.500 m2 de verrerie, l’équipe d’architectes d’Aéroports de Paris a voulu conserver l’esprit Henri Vicariot dans la conception du nouveau bâtiment de jonction.

Selon la direction de Groupe ADP, la croissance du nombre de passagers s’inscrira « dans le plafonnement et le couvre-feu d’Orly » avec le maintien du nombre de mouvements d’avions grâce à des appareils de plus grande capacité.

Orly est soumis à un couvre-feu quotidien de 23H30 à 06H00 du matin, pendant cette période aucune avion ne peut atterrir ou décoller. En outre, il est plafonné à 250.000 créneaux par an.

Le projet de renouveau d’Orly va s’étendre jusqu’en 2024 avec pour prochaines grandes étapes la rénovation de tous les espaces communs aux opérations liées au trafic international de l’ex-Orly-Sud, la création d’une gare multimodale où arrivera la ligne 14 du métro reliant la station Olympiades à la gare d’Orly en 15 mn et la réorganisation des accès routiers de l’aéroport.

L’aéroport sera également relié à la future ligne 18 qui doit être mise en service en 2027 entre Massy-Palaiseau et Orly.

source AFP-Relaxnews