Courir et pédaler sont dans l’ADN de Benjamin Choquert. Le Nancéien est devenu cette année champion du monde et d’Europe de duathlon. Mais l’athlète du Nancy Athlétisme Métropole entend également performer en marathon et réaliser les minima pour participer aux JO de Tokyo l’été prochain.

Benjamin Choquert, vos performances en duathlon ont été remarquables cette année. Sont-elles rares pour un athlète français ?

Oui, nous sommes peu à avoir réussi le doublé. D’habitude, ce sont les Belges qui excellent dans cette discipline. C’est bien pour ce sport qui est encore trop méconnu en France.

Comment s’organise la charge de travail pour obtenir ces résultats ?

Ce n’est pas surprenant si je vous dis qu’il faut beaucoup travailler. Je m’entraîne tous les jours en roulant trois heures, plus 1h30 de course à pied en fonction des séances. Il y a certes ce travail foncier et d’endurance mais aussi la récupération qui est essentielle pour parvenir à ces résultats.

La récupération fait-elle partie du travail invisible ?

Oui. D’autant plus que j’ai un aménagement d’horaires qui me permet de bien récupérer. Je suis maître-nageur à la Métropole du Grand Nancy et le fait de ne pas faire de week-end et peu de soirées me facilite pour combiner entraînement et récupération. Ce système m’a permis de bien progresser ces dernières années.

Vous avez 33 ans, êtes-vous encore « jeune » pour le duathlon ou toute autre course de fond ?

Oui car ce sont des disciplines d’endurance. C’est à partir de la trentaine que l’on devient performant et surtout on commence à bien se connaître. Je peux encore progresser jusqu’à 36 voire 38 ans.

Cela veut dire que vous pouvez faire exploser les chronos ?

On veut toujours casser des barrières psychologiques, franchir des caps. Sur 10 km par exemple, mon ambition est de passer en dessous de 29 minutes et en marathon réaliser les minima olympiques pour disputer les Jeux l’été prochain.

Quel temps faut-il réaliser pour aller à Tokyo ?

Au départ, je m’étais fixé 2h12 mais il faudra faire mieux, 2h11’30. Je n’en suis pas loin, autant essayer. Après, rien ne dit qu’en y parvenant je serai aux JO car si nous sommes trop nombreux à les réaliser, la Fédération devra faire un choix en ne prenant que les meilleurs.

Vous êtes sportif depuis l’âge de 8 ans et compétiteur dans l’âme. Est-il simple de vous freiner ou êtes-vous atteint de la maladie du sportif, la bigorexie ?

Quand je suis en phase de coupure ou dans une période pendant laquelle je ne m’entraîne pas, je suis en manque. Je suis tellement habitué maintenant à cette sensation de bien-être après un entraînement ou même pendant que cela en devient presque une drogue. Quand je suis en vacances, je pratique d’autres sports comme du roller ou du VTT descente.

Le duathlon et les courses de fond demandent un mental à toute épreuve. Y  a-t-il un moyen de le travailler ?

Impossible de répondre à la question car depuis tout jeune je pense, avoir un mental fort. Quelle que soit la course, je pars toujours dans l’idée de la gagner. Que ce soit une course de village ou un championnat du monde, je me donne toujours à fond.