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Le Flévillois, David Othenin, a été victime d’un grave accident de la vie à l’âge de 22 ans. Le sport lui a offert une autre vie. Couché sur son tricycle, il a réussi des performances de haut niveau à faire pâlir certains sportifs valides, en gravissant notamment les cols mythiques du Tour de France. Rencontre avec une force de la nature.

Quelle est l’origine de votre handicap ?

À l’âge de 22 ans, j’ai fait AVC qui m’a plongé dans le coma pendant onze jours. Quand je me suis réveillé, j’avais des séquelles dont la plus importante, la perte d’équilibre. Voilà pourquoi je suis en fauteuil depuis.

Comment avez-vous vécu cette deuxième vie ?

Il a fallu que j’apprenne à tirer un trait définitif sur ma vie d’avant. En un temps record, tout venait de disparaître. Comment devais-je réagir ? En vouloir à la terre entière et faire ma pleureuse ou avancer ? J’ai choisi la deuxième solution. Il y a eu une longue période de rééducation qui a duré un an. Si je me suis lancé dans le sport, c’est aussi à cause, ou grâce, au regard des autres sur le handicap et qui ont peur de la différence.

Le sport a-t-il changé votre vie ? 

Je ne voulais pas rester à ne rien faire. À cette époque, je suivais une formation de dessin assisté par ordinateur, j’y ai rencontré un fan de vélo. Il m’a parlé d’une expo de vélos spéciaux en Allemagne dans laquelle étaient exposés des handbikes et, ce qui allait vraiment m’intéresser : le tricycle couché.

Comment en êtes-vous arrivé à la compétition ?

Au départ, je participais gentiment à des semi-marathons et je sentais que j’étais dans mon élément. Me faire mal, souffrir, transpirer, tout cela m’a fait comprendre que j’étais toujours vivant. Mais au bout de plusieurs années, je voulais du changement et de la découverte. J’ai découvert l’association Aventure Handicap France qui m’a offert d’autres perspectives.

Lesquelles ?

L’association m’a permis de participer à de nombreux raids, en France comme à l’étranger. Au Mali, Sénégal, Mauritanie, Maroc, Chili, Portugal… En tout, avec mon tricycle couché, j’en ai bouclé une trentaine et cela après avoir monté plusieurs cols des Vosges et des Alpes (Croix de fer, Galibier, Izoard), grimpé par ses trois faces et en trois jours consécutifs le Mont Ventoux, exécuté la montée de quatre cols en 5 heures (Les Fourches, Les Croix, Ballon de Servance, Planche des belles filles).