© DR

Jeux Olympiques, Championnat du monde, Championnat d’Europe et de France, Eddy Riva a connu les plus grandes compétitions sous le maillot de l’équipe de France au côté de son ami Yohann Diniz. Aujourd’hui, Eddy Riva est conseiller technique de marche athlétique, une discipline qui mérite d’être enfin reconnue.

Quelles sont les exigences que demande la marche athlétique ?

Eddy Riva – Pour pratiquer la marche athlétique, il faut avant tout avoir une appétence pour les sports d’endurance, combiné avec une envie de progresser techniquement. La marche athlétique est la discipline de l’athlétisme qui présente le plus de points communs avec le demi-fond. Médiatisé au travers les performances de Yohann Diniz, ce sport d’endurance est fait d’efforts de longue durée à réaliser avec un mouvement cyclique codifié. Le but de l’athlète est de marcher le plus vite possible sur des distances olympiques de 20 km ou 50 km, sous le regard expert mais subjectif des juges. Un athlète peut être disqualifié s’il reçoit 3 cartons rouges de 3 juges différents.

La technique est-elle particulière ?

La technique est en effet particulière. Le règlement impose au marcheur d’avoir un pied au contact avec le sol. C’est la différence fondamentale avec la foulée aérienne du coureur combinée avec l’obligation d’avoir la jambe tendue dès la pose du pied au sol jusqu’au passage à la verticale de celle-ci. Ce qui déclenche se déhanchement si particulier du marcheur mais tellement efficace pour aller vite.

« Une discipline mal connue et très technique »

Vous avez participé à de nombreuses grandes compétitions avec votre ami Yohann Diniz sous le maillot de l’équipe de France. Que retenez-vous de ces moments ?

Nous partagions la même chambre à Göteborg lorsqu’il fut champion d’Europe en 2006 et se fait donc connaître du grand public. Egalement à Osaka au Japon en 2007, lorsqu’il confirme en allant chercher la médaille d’argent aux mondiaux. Ces moment-là sont très forts en émotions. Yohann est une personne très attachante et il est vraiment dans le partage. Pas toujours facile à vivre, très exigeant avec lui-même et ses proches tout comme avec son collègue de chambrée et d’entraînement.

Yohann Diniz vient d’être sacré champion du monde à Londres, c’est aussi votre victoire ?

C’est avant tout sa victoire, la victoire de l’abnégation malgré des saisons compliquées. Je n’ai jamais vu une cylindrée aussi importante. Il n’y a pas de demi-mesure chez lui. Il ne lâche rien, à l’image des parties de carte que nous faisions ensemble en stage. Il est évident que sa victoire va servir à la discipline et la faire sortir de l’ombre.

Quelle est votre mission aujourd’hui ?

Devenu professeur de sport en 2012 attaché au ministère des sports, je suis placé auprès de la Fédération Française d’Athlétisme et de la Ligue Grand Est d’Athlétisme. Référent Jeunes de la marche athlétique, je suis en charge des marcheurs internationaux U18/U20/U23 afin de les accompagner dans leur projet sportif (athlètes et entraîneurs) dans le but d’être le plus performant possible.

Que faudrait-il pour que la marche athlétique devienne plus « sexy » ?

Il faudrait une meilleure compréhension de notre discipline, la marche athlétique est une discipline très technique avec des rebondissements dans les stratégies mises en places pendant les épreuves. Yohann Diniz en est l’exemple type. Il faudrait juste que les gens soient plus respectueux lorsqu’ils croisent un marcheur à l’entraînement. Au lieu de rire bêtement sur son déhanché, qu’ils essaient de comprendre pourquoi il s’entraîne, pour quelle compétition il se prépare.