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Théo Curin est un nageur handisport amputé des quatre membres. Agé seulement de 17 ans, le lunévillois a manqué d’un rien le podium lors des JO à Rio en 2016 mais il revient de ses premiers championnats du monde à Mexico avec deux médailles. Une récompense pour celui qui marche sur les traces de Philippe Croizon, son mentor.

«J’ai 6 ans quand je suis touché par une méningite foudroyante et que mes parents prennent la décision de me faire amputer des quatre membres». Une épreuve qui donne davantage de résonnances aux performances du nageur handisport Lunévillois, Théo Curin qui revient des championnats du monde à Mexico avec deux médailles d’argent sur 100 et 200 mètres nage libre. Une belle revanche après sa quatrième place obtenue lors des Jeux paralympiques de Rio, en septembre 2016 :  » après Rio, j’étais déçu et surtout frustré de ne pas avoir assuré. Je m’étais mis trop de pression et je n’ai pas réussi à canaliser mon stress. Cela m’a regonflé, m’a motivé ensuite et cette rage que j’avais en moi m’a aidé à préparer ces championnats du monde  » affirme Théo Curin.  Cette envie, Théo ne l’a pas toujours eue. Après ses amputations progressives, le doute et la tristesse ont fait partie de son quotidien et de celui de sa famille : «je n’acceptais pas mon handicap ainsi que le regard des autres sur moi. Ma mère est alors tombée sur un livre de Philippe Croizon amputé lui aussi des quatre membres où il racontait son histoire. Elle prend l’initiative de lui écrire une lettre pour lui expliquer la situation. La réponse de Philippe est arrivée seulement après quelques mois car mon histoire l’avait bouleversé. Un jour ma mère reçoit un coup de téléphone, son émotion est tellement forte qu’elle ne peut pas parler et me passe le combiné.»

« L’eau n’était pas mon élément ! « 

Ce sont les prémices d’une belle amitié qui va changer la vie de Théo Curin : «on a beaucoup échangé ce jour-là, nous étions très émus au téléphone et à la fin de la conversation, je lui ai demandé de venir à Lunéville. Une semaine après, il était là.» Un premier rendez-vous suivi par d’autres vont mener Théo jusque dans le bassin familial de Philipe Croizon : «Philippe préparait sa traversée de la manche. Il m’invite à le rejoindre dans l’eau qui pourtant n’est pas mon élément. J’y vais et je ressors rapidement. Je ne suis pas fier de moi. Je m’en voulais. Je ne souhaitais pas rester sur un échec, je décide de rejoindre le club Handisport de Lunéville pour apprendre à mieux nager. Je m’entraîne et je montre à Philippe que je suis capable de nager comme lui.» Un appétit qui se transforme en faim de Loup pour Théo Curin qui enchaîne les séances d’entraînements et les compétitions. De quoi attirer l’œil des détecteurs du Pôle France handisport de Vichy qui l’invite à intégrer la structure en 2012. Quatre ans plus tard, Théo Curin devenait le cadet de la délégation française et disputait sa première grande compétition internationale aux Jeux Olympiques de Rio.