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Adailton Da Silva Santos est un joueur brésilien qui arrive à l’ASNL en 2005. Latéral droit tonique et technique, il parvient à se faire une place dans le onze titulaire. Sa constante progression est coupée nette par un fait de jeu dramatique qui l’amène à ranger définitivement ses chaussures de football.

Adailton, que s’est-il passé le 10 décembre 2005 ?

Adailton  Avec l’ASNL nous étions en Ligue 1, nous affrontions Strasbourg au stade Marcel Picot. Sur une action anodine, Pascal Berenguer est au duel avec Yves Deroff qui glisse sur le ballon et vient buter contre ma jambe.

Pensez-vous que la blessure est grave ?

Sur le moment non, il fait froid, je n’ai même pas ressenti la douleur. Mais lorsque je vois mon coéquipier, Frédéric Biancalani mettre les mains sur la tête, je comprends qu’il se passe quelque chose d’anormal. La réaction des autres joueurs confirme mon inquiétude qui se justifie quand je vois sous ma chaussette une bosse qui est en fait la malléole. C’est à ce moment-là que je me demande si je vais pouvoir rejouer un jour au football.

Une deuxième vie à l’ASNL

Quand avez-vous eu la réponse ?

Pas dans l’immédiat. Après 15 jours d’hospitalisation, je me sentais bien et confiant. Mais au fur et à mesure, il y avait des signes qui me gênaient. Mes orteils ne bougeaient plus et je ne parvenais même plus à remettre ma chaussure. Je consulte un médecin qui me dit clairement que pour moi le football est terminé mais je ne veux pas l’admettre. Je demande alors un second avis médical qui me propose une nouvelle opération. Après celle-ci, je tente de reprendre l’entraînement mais la douleur est trop forte et surtout je ne peux plus marcher normalement. Je réalise alors que je ne pourrai plus exercer ma passion. Et dire que je ne voulais pas jouer ce match contre Strasbourg, je ne le sentais pas.

La galère continue ?

Oui, c’est une période très difficile où les questions fusent. Pourquoi moi et pas un autre ? Mais ma priorité est de tout mettre en œuvre pour remarcher normalement. Je peux alors compter sur le soutien du président Jacques Rousselot qui finance une opération au Brésil me permettant de retrouver une certaine mobilité avec ma jambe. Entre temps,nous décidons avec l’ASNL de rompre le contrat qui court jusqu’en 2009.

Une autre vie s’offre à vous ?

Une vie qu’il faut que je prépare autrement même si je suis amer. Car je ne m’étais pas préparé à une fin de carrière aussi brutale. Gérard Parentin, l’ex vice-président de l’ASNL devenu agent me sollicite pour l’aider dans sa recherche de joueurs au Brésil. Je prends des cours de français et j’entame une reconversion en passant mes diplômes pour devenir entraîneur (DEF) et cela grâce à Franck Boschetti, l’un des cadres du football lorrain et Yann Goubelaire du COS Villers. Certes, c’est une bouffée d’oxygène mais qui ne me permet pas d’en vivre.

Vous enfilez le bleu de chauffe ?

Oui, je retrouve le moral au côté de ma compagne Julie qui voit en moi un certain talent manuel (rire). Je l’écoute et je me forme dans un domaine dans lequel j’avais déjà certaines bases, l’électricité. Je parviens à décrocher mon diplôme. Je passe par des contrats courts jusqu’à ce que Jacques Rousselot me tende la main et m’offre un travail au centre d’entraînement de l’ASNL en forêt de Haye où je suis
en charge de la maintenance.