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Landry Nguemo compte plus de 330 matches en Ligue 1. Arrivé à l’adolescence du Cameroun, son pays natal, à l’ASNL, Landry Nguemo n’est pas seulement devenu footballeur professionnel dans la cité ducale maiss’est aussi construit en tant qu’homme. Après une belle carrière, il est de retour à Nancy.

Landry Nguemo, que faites-vous aujourd’hui ?

Je suis de retour à Nancy depuis le mois de décembre. Je reviens d’une aventure norvégienne où j’y ai joué une saison. Je suis à la croisée des chemins, entre ma carrière footballistique et ma reconversion. Si un bon challenge sportif s’offre à moi, je continuerai l’aventure. Par ailleurs, j’ai entamé un processus de reconversion puisque depuis un an et demi je passe un diplôme universitaire en gestion des organisations sportives.

Est-il facile de tourner la page du haut niveau ?

Accéder au haut niveau et y rester requiert une grande discipline sur de multiples aspects. Renoncer à ces habitudes engendre forcément des interrogations. La reconversion pour un sportif de haut niveau est une manière pour ce dernier de se réinventer. C’est l’occasion d’adapter à la «vie normale» toute l’expertise emmagasinée durant la carrière sportive.

Adolescent vous avez quitté le Cameroun pour venir à Nancy, racontez-nous comment cela s’est fait…
Je dirais que j’ai eu beaucoup de chance de me retrouver à Nancy. En effet, plus jeune, dans mon Cameroun natal, je jouais au football dans mon quartier avec une bande de copains. Monsieur Mady Touré qui était agent de joueur m’a repéré dans mon quartier. Il avait fait un montage vidéo d’un de nos matches qu’il a ramené en France. C’est ainsi que je me retrouve à faire des essais d’abord au FC Nantes et ensuite à l’ASNL où je vais être retenu.

Quel est votre regard sur le football aujourd’hui ?

À mon sens, de nos jours, dans le secteur du football, la prédominance de l’aspect financier (rentabilité, plus- value…) sur le côté sportif est de plus en plus affirmée, bien que les deux composantes restent profondément liées. Cette tendance est particulièrement caractérisée et accentuée par des marchés de transfert des joueurs et des droits télévisuels devenus hautement spéculatifs. De plus en plus de joueurs sont valorisés non pas pour leur aptitude à enchaîner des performances sur plus d’une saison mais sur un talent potentiel qu’il représentent. Sans être alarmiste sur l’évolution du football, l’afflux des moyens investis va de pair avec l’accroissement du risque. En tant qu’acteur de ce secteur, nous devons simplement nous assurer d’avoir un business « durable ».

L’ASNL est votre club formateur, vous avez décidé de revenir vivre à Nancy. Pourquoi ?

Ce club m’a permis de m’épanouir. De devenir un homme. J’y ai rencontré ma femme qui est aussi nancéienne. Le choix de revenir ici était une évidence.