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La troupe de la Comédie presque Française a réussi l’impensable : mélanger un grand classique du théâtre français – Les Jeux de l’amour et du hasard – et une sitcom mythique, Les Feux de l’amourLes Feux de l’amour et du hasard rassemble des membres de l’explosive troupe d’Airnadette. Rencontre avec Béatrice de la Boulaye, alias Victoria, l’héroïne de ce marivaudage déjanté.

Qui se cache derrière la Comédie presque Française ? Nous sommes une institution presque culturelle qui rassemble des comédiens qui partagent le même humour un peu décalé, l’amour du détournement et de la parodie. Tout est parti d’un double constat : le théâtre à la télé ce n’est jamais terrible et il n’existe pas de troupe jeune sur petit écran qui fasse du théâtre un peu moderne. On a eu envie de créer ça et Comédie nous a suivis pour rebooster les classiques. On a créé et enregistré trois pièces : Dom Juan Les Pins, de presque Molière, L’École des Naans, de presque Molière et Les Feux de l’Amour et du Hasard, de presque Marivaux. Aujourd’hui nous partons en tournée en France avec cette dernière pièce.

Le jeu de mot détermine-t-il à lui seul le choix des pièces ? On adore les jeux de mots et juxtaposer des univers qui, a priori, n’ont rien à voir. Mais ça ne suffit pas pour que la mayonnaise prenne. Le mélange Marivaux et Feux de l’amour fonctionne car on y trouve exactement les mêmes ressorts : manigances, travestissements, complots… Il y a des riches, des pauvres, des amours impossibles et de la tromperie…

Comment adaptez-vous les textes pour les rendre modernes ? Les spectateurs ont souvent du mal à y croire mais on ne change pas le texte d’origine. Les Feux de l’amour et du hasard, décrit le tournage d’un épisode de sitcom. Lorsque la caméra tourne, les acteurs récitent le texte de Marivaux, sans le modifier. Et lorsqu’on crie : « Coupez ! », on retourne dans le présent. La modernité vient aussi des textes choisis qui sont universels. L’École des Naans, que nous avons monté façon Bollywood et situé au Pakistan, nous a permis de parler de la condition de la femme aujourd’hui sans changer un mot. Au-delà de la blague, le message est pédagogique et ludique.

Quels sont les projets de la Comédie presque Française ? Notre ambition est de faire comme la « vraie » Comédie-Française : avoir des comédiens qui tournent toute l’année dans plusieurs pièces différentes. Nous avons déjà en réserve Hamlet sans casser des œufs – en direct des cuisines de Top chef – Alfa Romeo et Juliette – façon Enquête exclusive chez les gitans – Othello de l’espace et même Ricard III. Il y a énormément de pièces à jouer et plein de jeux de mots à faire !

INFOS PRATIQUES : 

Samedi 1er février à 20 h

Espace Chaudeau à Ludres

Tarifs : de 37,80 à 39,80 €
http://www.anim15.com