Yves Colombain, Jocelyne Rebout, Rémi Grosset et Franck Jaumain, organisateurs du P’tit Baz’Art au pied du sapin de Laurent Weiss dans la cour de Lillebonne.
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 En 16 éditions, ils ont élevé un modeste marché de créateurs au rang de grand rendez-vous culturel et populaire. Yves, Rémi, Jocelyne et Franck et 70 bénévoles attendent cette année encore près de 25 000 visiteurs en quête de découverte, d’un cadeau ou simplement d’une ambiance incomparable.

Comment est née l’idée de ce marché de Noël alternatif à Nancy ?

Yves Colombain  C’est Géraldine Humbert, il y a 16 ans, qui a lancé l’idée d’un marché d’art éphémère, un peu sur le modèle du Fab Market de Jean-Christophe Massinon. C’était un marché d’art contemporain, dans la cour de son atelier, qui proposait des œuvres abordables. On s’est lancés et la première édition a réuni 45 exposants dans les anciens garages Hadet près du Bras Vert que la MJC Bazin louait pour un euro symbolique. Si on nous avait dit à l’époque que le P’tit Baz’Art prendrait une telle ampleur populaire on n’y aurait pas cru…

Justement, Le P’tit Baz’Art d’aujourd’hui ressemble-t-il à l’original ?

Rémi Grosset  La philosophie de départ n’a pas changé ! Même si la manif est plus rodée, elle a gardé l’esprit bazar et rock’n’roll. C’est toujours un mélange hétéroclite d’artistes et de créateurs confirmés et débutants, de jeunes et de moins jeunes, de concerts, de spectacles…Bien sûr cela a pris de l’ampleur, on n’est plus dans le bricolage comme au départ, mais l’esprit est toujours là. Et puis, et c’est très important, c’est toujours gratuit. Pour les visiteurs et pour les exposants, on y tient !

Même si le lieu a changé ?

Yves  Depuis le lancement, le P’tit Baz’Art se tient dans des « lieux en attente de destination », des friches quoi… À part les quelques éditions dans le gymnase de Bazin , et une au Tri Postal avant qu’il ne devienne le Centre Prouvé, cela a toujours été l’idée. Alstom apporte une âme et c’est un espace modulable qui nous laisse une grande liberté. On peut tout se permettre ce qui ne serait pas le cas dans une salle plus classique.

150 artistes exposants et plein de nouveautés

Comment s’annonce cette 16e édition ?

Yves  Bien ! Comme les précédentes mais en mieux ! Il y a aura plus de 150 artistes exposants : de la peinture, de la sérigraphie, de la sculpture, de la photo, du design… Et puis il y a tout le reste, tout ce qui ne s’achète pas. Et là encore la programmation est riche. Le samedi on commence en douceur avec un spectacle musical pour les petits des Frères Koukougnoff suivi d’une boum pour enfants. Et puis les concerts montent en puissance – et en sons ! – avec Hoboken Division et Toxic Kiss par exemple. Et puis il y aura aussi, Radio Chrysanthème, la bande FM du P’tit Baz’Art qui émettra tout le week-end avec ses tubes improbables…

Dans un marché d’artistes, on s’attend à être surpris, c’est difficile de se renouveler ?

Franck Jaumain  On a reçu plus de 700 candidatures et chaque année, 25 % des artistes exposants sont renouvelés. Alors on n’a jamais l’impression de déjà vu. Certains sont présents régulièrement et il y a même quelques fidèles comme Franc Volo qui installe ses peintures depuis la première édition. On fonctionne un peu à l’instinct et chaque année, ça fonctionne…

En 16 ans, vous devez vous être fabriqué des souvenirs, quels sont le moments marquants ?

Jocelyne Rebout  Tout n’est pas forcément racontable et c’est difficile d’isoler un moment parmi tous les autres. Il y a plein de petits moments qui nous rapprochent, c’est toujours assez magique.

Franck  Je me souviens des débuts à Bazin, on n’était pas organisés pour le bar comme aujourd’hui, et les bistrotiers de Nancy se relayaient en binôme pour le tenir. C’était improvisé et drôle. Ou encore l’an dernier, quand en pleine nuit on a arpenté Nancy pour trouver des pièces d’un euro pour rendre la monnaie. On a galéré mais on s’est bien marrés…

Yves  Je me souviens, aussi, à Bazin, du montage épique d’un chapiteau qui a failli s’envoler. Il y a forcément plein de souvenirs, le P’tit Baz’Art, c’est une ambiance particulière et une histoire de fidélité.