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Ugo Heim est licencié au COS Villers Karaté. Le jeune Nancéien est devenu le 3 février dernier vice-champion d’Europe cadet à Sotchi en Russie. Un podium qui est une première depuis 18 ans pour le club villarois. Une véritable fierté pour l’association et pour son père, Karatéka lui-même.

Début février, Ugo Heim est passé tout près du titre de champion d’Europe cadet de karaté en moins de 70 kg. Après une joute serrée où aucun point n’a été marqué, les juges ont déclaré vainqueur son adversaire. Un délibéré discutable et subjectif qui est loin d’avoir touché le licencié du COS Villers : « je me dis que j’ai perdu sur une décision des arbitres et non au point. Quand je le recroiserai, je ferai mon maximum pour le battre. » Une âme de compétiteur qui n’a pourtant pas toujours été un compagnon de route pour Ugo. « C’est à l’âge de 4 ans, qu’avec sa maman nous avons amené Ugo au karaté. Il était craintif, avait du mal à se séparer de nous. Je voulais qu’il affirme son caractère, glisse Eric Heim, le père, ceinture noire et entraîneur de karaté. »

Une âme de compétiteur inattendue

Après deux ans de pratique, Ugo accroche véritablement. Le potentiel est là et les résultats arrivent naturellement ensuite : « J’ai toujours été sur les podiums depuis mes débuts, que ce soit en région ou en National » lâche Ugo. Des performances qui vont amener une redistribution des cartes pour le suivi du jeune athlète meurthe-et-mosellan. « Il a fallu faire un choix. J’étais le père ou l’entraîneur, mais pas les deux. C’était une décision très difficile à prendre. Nous avons décidé ensemble que je serai uniquement le père. Car nous nous sommes aperçus que l’affectif prenait le dessus et qu’il était difficile de rester objectif en tant que père. J’avais toujours tendance à voir les défauts et ce qu’il fallait améliorer et non le reste, raconte Eric Heim. D’ailleurs aujourd’hui, Ugo a atteint un tel niveau que je ne peux plus le conseiller. Je lui glisse quelques conseils tactiques mais je m’occupe surtout du suivi médical et je fais le taxi.»

Une résolution qui va donner des ailes à Ugo. Sa progression est spectaculaire et le haut niveau lui tend les bras : « le fait que mon père prenne du recul m’a fait du bien. Auparavant, il ne me parlait que de karaté. Un moment, j’en ai eu assez et je lui ai demandé de ne le faire que lorsque j’étais à l’entraînement ». Le père confie alors son fiston à Jean François Tiercy, l’un des entraîneurs du COS Villers et à David Zucker, un préparateur mental. La triplette fonctionne à merveille. Ugo enchaîne les bons résultats jusqu’à attirer l’œil des instances nationales. Un nouveau départ et direction le pôle France à Paris : « le fait d’intégrer cette structure lui a donné encore plus de confiance. Auparavant, Ugo était plutôt un suiveur. Désormais, il parvient à s’affirmer dans le groupe et à imposer ses choix auprès de son entraîneur, atteste Eric Heim. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait au dernier championnat d’Europe. Cela lui a permis de performer ».

Si l’avenir sportif semble tout tracé pour Ugo, les études ne sont pas à négliger : « en tant que père, je suis ravi du soutien dont il bénéficie au pôle France. Comme tous parents, nous souhaitons que nos enfants puissent se débrouiller seuls le plus vite possible. Pour l’instant, tout se passe bien pour Ugo », souffle Eric Heim. Parvenir à combiner les études avec le sport de haut niveau, voilà une nouvelle épreuve qui attend le néo vice-champion d’Europe : « je sais que je ne pourrai pas vivre du karaté. Je souhaite rester dans le sport en tant qu’éducateur ou entraîneur. Pour cela, il faut assurer dans les études » glisse Ugo Heim.